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Les étudiants canadiens au Royaume-Uni pourraient devoir plier bagage

Le Royaume-Uni est la deuxième destination préférée des étudiants canadiens après les États-Unis. Plus de 6000 d'entre eux ont choisi un établissement britannique pour poursuivre leurs études en 2013. Mais ce nombre s'apprête à chuter en raison de nouvelles règles sur l'immigration. 

Le nombre d'immigrants à s'installer au Royaume-Uni, qui se compte par centaines de milliers chaque année, va passer à des « dizaines de milliers », a promis aux Britanniques le premier ministre David Cameron. Et ce sont maintenant les étudiants qu'il a dans la mire.

La secrétaire de l'Intérieur, Theresa May, vient d'annoncer de nouvelles mesures afin de contrer une fraude apparemment utilisée par les migrants qui arrivent sous un visa étudiant. Plutôt que de s'asseoir sur les bancs d'école, plusieurs rentreraient immédiatement sur le marché du travail.

Dès novembre, les règles seront donc resserrées pour les étudiants internationaux. Par exemple, ils ne pourront plus travailler jusqu'à 10 heures par semaine.

« Cette nouvelle règle pourrait dissuader plusieurs étudiants internationaux de venir étudier au Royaume-Uni », croit le directeur de la section internationale pour l'Association des collèges britanniques, John Mountford.

Surtout quand le coût des études est déjà très élevé. Kimberley Hirschy est une jeune Canadienne qui étudie en droit en Grande-Bretagne. Elle aimerait travailler au pays une fois diplômée, mais perd de plus en plus espoir.

Il lui en coûte actuellement 26 000 $ chaque année en frais de scolarité seulement, soit 8000 $ de plus que ses compatriotes de l'Union européenne ou du Royaume-Uni. Elle a cumulé une dette d'étude de 100 000 $ jusqu'à maintenant.

24 000 $ pour prolonger son visa

Autant les collèges que les universités sont touchés par cette nouvelle série de mesures. Les étudiants internationaux qui fréquentent une université ont dorénavant droit à un maximum de cinq ans d'étude, et ce, dans un seul et même domaine.

Ils devront aussi prouver avant de prolonger leur visa qu'ils ont dans leur compte en banque assez d'argent pour vivre durant neuf mois au Royaume-Uni. Auparavant, un montant équivalant à deux mois était demandé.

Pour un étudiant au doctorat, cela représente 24 000 $.

En 2013, les étudiants internationaux ont rapporté près de 8 millions de dollars en droits de scolarité. Ils permettent en plus à des départements de rester ouverts en gardant un nombre suffisamment d'étudiants, soutient le chef exécutif du Conseil pour les étudiants internationaux du Royaume-Uni, Dominic Scott. « Tout le secteur de l'éducation en bénéficie », assure-t-il.

Pour Kimberley Hirschy, le seul moyen de pouvoir travailler au Royaume-Uni après ses études est d'obtenir un visa de travail Tier 2. Il lui faut alors trouver un employeur qui acceptera de la parrainer et de lui donner ce que le gouvernement considère comme un salaire de nouveau diplômé.

Mais là aussi, les règles pourraient changer. Le comité gouvernemental sur l'immigration propose de hausser de 20 000 $ le salaire de base pour se procurer un visa Tier 2. La décision sera prise à l'automne.

Même si Kimberley Hirschy avoue qu'elle aimerait rester à Londres, elle avoue se préparer mentalement à quitter le pays.

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