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Les FARC nomment leur chef comme candidat à la présidentielle de Colombie

Jadis à la tête des Forces armées révolutionnaires de Colombie – les FARC –, Rodrigo Londoño, alias Timochenko, est désormais le chef d'un parti politique qui s'appelle également « FARC » (pour Force alternative révolutionnaire commune). Et c'est lui que les ex-guérilleros ont désigné mercredi pour être leur candidat à l'élection présidentielle, prévue en mai prochain.

Âgé de 58 ans, Rodrigo Londoño avait pris en novembre 2011 les rênes du mouvement de guérilla, qui comptait alors 7000 combattants et près d'un demi-siècle d'existence. Issu d'une insurrection paysanne, le mouvement a mené pendant des décennies une confrontation armée avec les forces de l'ordre colombiennes et les groupes paramilitaires d'extrême droite.

Le conflit a causé la mort de 250 000 personnes, entraîné la disparition de 60 000 autres et provoqué le déplacement de millions de Colombiens.

Un accord de paix signé en septembre 2016 par le président colombien Juan Manuel Santos et Rodrigo Londoño a mis un point d'orgue à cette guerre civile, la plus longue de l'histoire de l'Amérique latine. Puis, dans un autre tournant historique, à la fin du mois de juin 2017, Rodrigo Londoño a déclaré que son mouvement abandonnait définitivement les armes au profit de la paix. En août dernier, les FARC sont devenues un parti politique.

Passer des balles aux bulletins de vote

À six mois du scrutin présidentiel en Colombie, le parti confie donc à M. Londoño – connu sous le nom de guerre de Timochenko – le soin de « passer des balles aux bulletins de vote », comme l'a affirmé Victor de Currea Lugo, expert du conflit colombien à l'Université nationale de Colombie.

M. Londoño n'était pas présent lors de l'annonce mercredi. Victime d'un accident cérébral cet été, il poursuit sa convalescence à Cuba.

En vertu de l'accord de paix établi en 2016, les FARC disposeront de 10 sièges au Congrès.

La nouvelle formation politique s'engage dans la campagne électorale avec une plateforme jusqu'ici peu étoffée, mais qui prône néanmoins d'éliminer la corruption et de promouvoir l'égalité sociale et économique, en plus d'éradiquer la pauvreté dans ce pays de presque 49 millions d'habitants.

Les ex-combattants des FARC devront cependant surmonter un autre obstacle : ils risquent d'être jugés pour crimes liés à des violations des droits de la personne. Advenant que Timochenko et les autres membres de son état-major du temps de la guérilla soient reconnus coupables, rien n'indique de quelle manière ils exerceront leurs éventuels mandats comme élus.

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