Ils s'appellent Chunga, Big Foot, Ninety Nine et Garfield et sont devenus des vedettes sur la Croisette. Chaque année, au mois de mai, ils débarquent à Cannes en même temps que les stars d'Hollywood, à l'occasion du Festival international du film.

Un texte de Jean-François Bélanger

Et comme toute vedette qui se respecte, ils s'installent dans un grand hôtel cinq étoiles, le Martinez, où logent aussi Susan Sarandon, Julianne Moore et Eva Longoria.

Mais les quatre faucons du Martinez ne sont pas en villégiature. De même que des agents de sécurité montent la garde devant le palace pour éloigner les groupies et les paparazzis, les oiseaux de proie, eux, sont chargés de faire fuir les goélands et les pigeons, très abondants en bord de mer.

Le directeur général de l'hôtel a pensé faire appel à des faucons il y a cinq ans après avoir vu un reportage à la télé sur les oiseaux de proie utilisés autour des pistes d'atterrissage.

Depuis, Christophe Puzin déploie ses buses de Harris quatre fois par année autour de la piscine de l'hôtel de luxe.

« Ce sont des prédateurs. Ils sont au sommet de la chaîne alimentaire », dit le fauconnier. « Le but de notre intervention, c'est de remettre un prédateur dans un endroit où il n'y est pas. Et de faire comprendre aux volatiles indésirables que l'hôtel Martinez, c'est devenu le territoire de chasse d'un prédateur. »

Pendant le festival, les quatre rapaces prennent donc possession des lieux, s'installant bien sur le toit, sur les balcons ou sur un perchoir installé en bord de piscine. Tous obéissent au doigt et à l'œil, volant en piqué vers le bras de leur maître dès que celui-ci siffle pour les rappeler.

Le « timing » est très important, explique le fauconnier. Lâchés trop tôt à la poursuite d'un goéland, ses prédateurs le rattraperaient et le tailleraient en pièce. Mais l'objectif est d'effaroucher les oiseaux nuisibles, pas de les tuer.

Une lueur brille dans les yeux de Christophe Puzin quand il parle de ses protégés. De toute évidence, l'homme est un passionné. Il ne cesse de s'émerveiller en voyant ses faucons travailler en équipe, usant de stratégie pour attraper leurs proies.

L'émerveillement est, semble-t-il, communicatif. Chaque soirée mondaine, les quatre oiseaux volent la vedette, devenant le centre d'attention.

Christophe ne compte plus les vedettes qui sont venues le voir pour se faire prendre en photo avec Garfield ou Chunga.

Une attraction qui ne déplaît pas au directeur de l'hôtel, visiblement fier de l'attraction que sont devenus ces chasseurs de mouettes.

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