Retour

Les « femmes de réconfort » : un contentieux historique entre le Japon et la Corée du Sud

Les « femmes de réconfort », c'est le cruel euphémisme qui sert de surnom aux dizaines de milliers de Sud-Coréennes qui ont subi des violences sexuelles et ont été forcées à se prostituer pour l'armée impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Une manifestation pour réclamer que justice soit rendue aux victimes est d'ailleurs organisée chaque mercredi en Corée du Sud.

Combien de femmes comme Kim Puk-tung et Kim Won-hyuck, respectivement 92 ans et 91 ans aujourd'hui, ont vécu l’enfer des bordels militaires japonais et des violences sexuelles dans les années 1930 et 1940?

On estime qu’environ 200 000 femmes et adolescentes, principalement de la Corée, mais aussi de la Chine et d’autres pays d'Asie du Sud-est, ont été soit enlevées, par exemple quand elles marchaient dans la rue, soit embauchées pour ce qu’elles croyaient être un travail honnête. Il aura fallu du temps avant que les anciennes esclaves sexuelles racontent ce qu’elles avaient subi, souvent parce qu’elles avaient honte.

Depuis quelques décennies, des survivantes – de moins en moins nombreuses – et des groupes de soutien réclament que justice soit rendue.

Il y a bien eu un accord fin 2015 avec le Japon de quelque 12 millions de dollars (1 milliard de yens) promis à un fonds d’aide aux victimes. Et il y a eu diverses excuses des autorités japonaises depuis les années 1960. Mais plus de la moitié des Sud-Coréens trouvent, selon un récent sondage, que Toyko n’a pas endossé la responsabilité juridique des atrocités.

Le nouveau président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, a déclaré à l’émissaire spécial du premier ministre japonais Shinzo Abe venu le rencontrer lundi, à Séoul, que la population ne pouvait accepter l'accord de 2015, rejeté par les survivantes de l'esclavage sexuel qui n'avaient pas été consultées avant de le conclure. La présidence sud-coréenne croit que les deux pays doivent être à l’écoute des émotions de part et d'autre, et collaborer pour régler cet épineux dossier une fois pour toutes.

L’Affaire des « femmes de réconfort » pourrit les relations entre Séoul et Toyko depuis longtemps. Et pour bien des Sud-Coréens, elle symbolise tout ce que les Japonais leur ont fait subir durant des décennies d’occupation.

De son côté, le Japon conteste les chiffres avancés sur le nombre de victimes. Il déplore aussi la présence d’une statue de bronze érigée devant son ambassade.

L’installation d’une réplique de cette statue, devant le consulat japonais à Busan, dans le sud de la Corée du Sud, avait provoqué un incident diplomatique en début d’année. L’ambassadeur du Japon avait été rappelé temporairement à Tokyo.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine