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Les forces irakiennes s'emparent de l'aéroport de Mossoul

Les forces progouvernementales irakiennes ont repris jeudi l'aéroport de Mossoul aux combattants du groupe armé État islamique (EI), selon la télévision publique irakienne, ce qui ouvre la voie à la véritable bataille pour le contrôle de la partie ouest de la ville, où vivraient environ 750 000 personnes.

Situé dans le sud-ouest de la ville, l’aéroport constituait le premier objectif de l’offensive sur Mossoul-Ouest, lancée dimanche. La partie de la ville située à l’est du Tigre est tombée en janvier après une centaine de jours de combat. Les cinq ponts liant les deux rives ont été détruits.

Arrivées du sud, les forces irakiennes avaient pris position dès lundi en périphérie de l’aéroport désaffecté et d’une ancienne base militaire située tout près, après avoir repris plusieurs villages situés dans une zone désertique.

L'aéroport de Mossoul a été pris d'assaut par les forces d'élite du ministère de l'Intérieur, suivies par des membres de la police fédérale. Les forces antiterroristes se sont attaquées pour leur part à la base militaire de Ghazlani, située tout près.

« Nous sommes en mesure de confirmer que l'aéroport de Mossoul est tombé et que d'ici peu, nous le contrôlerons dans sa totalité », a déclaré à la télévision irakienne le porte-parole des forces antiterroristes, Sabah Al-Nouman.

« Nous sommes entrés dans l'aéroport et nos unités du génie sont en train de nettoyer les routes » des engins explosifs laissés par l'EI, avait indiqué à des journalistes de l'AFP Hicham Abdul Kadhem, qui commande les forces du ministère de l'Intérieur.

Un porte-parole des forces armées irakiennes, le brigadier général Yahya Rasool, soutient cependant que des violents combats sont en cours dans la base de Ghazlani.

L'aéroport et le complexe militaire, qui comprend des casernes et des terrains d'entraînement, sont situés près de l'axe routier Bagdad-Mossoul. Ils étaient tombés aux mains de l’EI en juin 2014.

L'appui de la coalition internationale et des paramilitaires chiites

Le colonel américain John Dorrian, porte-parole de la coalition internationale qui appuie l'offensive irakienne, a indiqué pour sa part que des soldats américains qui participent aux opérations ont « essuyé des tirs » et « riposté » en différentes occasions », que ce soit « dans et autour de Mossoul ».

Il n'a pas indiqué s'il y avait eu des blessés parmi ses troupes.

Parallèlement, les unités de Mobilisation populaires, force paramilitaire constituée de combattants chiites, ratissent des zones désertiques situées plus à l'ouest et tentent de resserrer l'étau autour de Tal Afar, grande ville irakienne située le long de la route reliant Mossoul à la Syrie, où l'EI est aussi sous pression.

Ces forces ont déjà coupé la route entre Mossoul et Tal Afar et les lignes de ravitaillement de l'EI avec la Syrie.

Selon l'AFP, les combattants de l'EI ont établi une ligne de défense renforcée au nord de l'aéroport afin de protéger la vieille ville, une zone densément construite où les véhicules blindés de l'armée irakienne auront du mal à se déplacer.

Les djihadistes risquent d'y défendre chèrement leur peau, avec leurs moyens de prédilection, notamment des attentats-suicides à la voiture piégée et des tireurs d'élite.

Un responsable des services de renseignements américains a estimé plus tôt cette semaine qu'environ 2000 combattants de l'EI seraient retranchés dans Mossoul-Ouest. Au déclenchement de la bataille de Mossoul, le nombre de combattants faisait l'objet d'estimations très variables, allant de 3000 à 7000.

750 000 civils pris au piège

Quelque 750 000 habitants sont encerclés à Mossoul-Ouest, dont 350 000 enfants, selon une estimation de l'ONG britannique Save the Children. Selon des sources médicales et des habitants s'exprimant de Mossoul-Ouest sous le couvert de l'anonymat, les plus faibles commencent à mourir de malnutrition et du manque de médicaments.

Craignant un exode massif de la population, des ONG s'emploient à établir de nouveaux camps autour de la ville.

Mercredi soir, un avion de l'armée a largué des milliers de lettres écrites par des habitants de Mossoul-Est destinées aux civils bloqués sur la rive ouest du Tigre. « Soyez patients et aidez-vous les uns les autres [...] La fin de l'injustice est proche », peut-on lire sur l'une d'entre elles, signée « Des gens du côté est ».

« Restez chez vous et coopérez avec les forces de sécurité. Ce sont vos frères, venus pour vous libérer », conseille une autre.

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