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Les forces libyennes sont sur le point de reprendre Syrte

Après six mois de combats, les djihadistes du groupe armé État islamique (EI) sont sur le point d'être définitivement battus à Syrte, en Libye, où ils avaient réussi à s'établir en juin 2015.

« Nos forces ont repris le contrôle total de Syrte », a affirmé lundi Reda Issa, porte-parole de l'opération militaire entreprise en mai dernier par des troupes fidèles au gouvernement d’union nationale (GNA).

Composées essentiellement de miliciens de la ville de Misrata, ces forces « ont constaté aujourd'hui un effondrement total » des combattants de l’EI, a-t-il indiqué.

Selon M. Issa, « environ 30 [djihadistes] se sont rendus » aux forces libyennes au cours des dernières heures, et d’autres qui ont essayé de fuir sont « pourchassés ». Les derniers résistants sont pour leur part traqués « maison après maison ».

La proclamation officielle de la libération de Syrte « ne se fera que lorsque le dernier [djihadiste] sera anéanti », a précisé M. Issa. « Ce sera dans les toutes prochaines heures ».

Le GNA dirigé par le premier ministre Fayez Sarraj avait annoncé à la fin du printemps le début de la bataille de Syrte, ville située sur les bords de la Méditerranée, à 450 km à l'est de Tripoli

L'offensive des forces libyennes dans ce qui qui était jadis le fief de Mouammar Kadhafi s'est rapidement enlisée, avant qu'une percée majeure ne survienne en août, après que l'aviation militaire américaine se fut jointe à la bataille.

En date du 1er décembre, les forces américaines avaient effectué 470 frappes aériennes dans le secteur.

Selon le porte-parole de l’hôpital central de Misrata, Akram Gliwan, la bataille pour la reprise de Syrte a fait plus de 700 morts et 3200 blessés parmi les troupes syriennes, ce qui exclut les pertes des djihadistes.

La défaite annoncée de l'EI à Syrte est un nouveau coup dur pour le groupe extrémiste, qui perd aussi du territoire dans les régions de Mossoul, en Irak, et de Raqqa, en Syrie.

Elle pourrait en revanche renforcer le premier ministre Sarraj qui peine à asseoir son autorité dans un pays depuis qu’il s’est installé dans la capitale, Tripoli, en mars.

La perte de Syrte ne signifie toutefois pas la fin de la présence de l'EI en Libye, estiment des experts.

« On sait que des militants de l'EI sont restés à Benghazi (est) et que des djihadistes ayant quitté Syrte se sont établis dans le sud, comme à Sebha ou la zone dite « triangle du Salvador » où se rejoignent les frontières entre la Libye, l'Algérie et le Niger, affirme par exemple une analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG), Claudia Gazzini.

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