Au moins 23 personnes ont perdu la vie dans les violents incendies qui frappent le nord de la Californie depuis dimanche, tandis que 560 ne répondent toujours pas à l'appel, rapportaient les autorités mercredi soir.

Le bilan risque de s’alourdir, car les vents devaient revenir en force et nourrir les brasiers, selon Heather Williams, porte-parole de Cal Fire, le département californien de protection contre les incendies.

Des relais téléphoniques détruits

Vingt-deux brasiers font rage dans l’État le plus peuplé des États-Unis. Ils ont brûlé au passage quelque 700 km2, soit deux fois la superficie de la ville de Montréal. Pas moins de 35 000 maisons et commerces sont partis en fumée.

Le plus dévastateur a été baptisé Tubbs. Il a emporté 11 personnes et a ravagé plus de 11 000 hectares et 570 bâtiments dans le nord de Santa Rosa, au cœur du comté de Sonoma.

Dans ce comté durement touché par les feux de forêt, environ 560 personnes n’ont toujours pas été localisées, a indiqué le shérif Robert Giordano en conférence de presse.

Les flammes ont d'ailleurs détruit 70 relais téléphoniques dans la région, ce qui ralentit les communications et complique le travail des autorités.

Sortie difficile en temps d’évacuation

Les feux ont poussé 50 000 personnes à évacuer leur maison, et les autorités en encouragent d'autres à rassembler documents et médicaments pour une éventuelle évacuation.

« La circulation est mauvaise dans le comté, a expliqué le shérif Robert Giordano. Si nous devons évacuer des gens, ça sera plus facile si vous ne vous trouvez pas dans le coin. Si vous avez un refuge où aller, allez-y. »

C'est ce qu'a fait Eveline Simard, qui habite à Santa Rosa. Mardi soir, sa famille s’est réfugiée chez des amis, dans la crainte qu’un des trois brasiers n’emporte sa demeure.

« La congestion que crée une évacuation! », s’est étonnée sur les ondes de RDI la résidente, qui a pu regagner son foyer mercredi. « On va essayer de prendre la décision [de partir] avant qu’on nous demande de le faire », a-t-elle ajouté.

L’air est irrespirable quand le vent tombe, rapporte-t-elle.

Un cocktail meurtrier

La progression rapide des feux n’est pas due qu’au Santa Ana, un vent qui souffle sur la Californie à cette période de l’année. La végétation et la sécheresse créent les conditions propices aux flammes, particulièrement au mois d’octobre, indique Cal Fire.

En Californie, l’incendie le plus meurtrier remonte à 1933, lorsque 29 personnes qui combattaient les flammes à Griffith Park près de Los Angeles ont perdu la vie. Avec 25 victimes et 2900 bâtiments brûlés, l’incendie Tunnel-Oakland Hills en 1991 arrive au deuxième rang des incendies les plus destructeurs. Quant à Tubbs à Santa Rosa, il est le sixième incendie le plus mortel dans l’histoire de cet État américain.

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