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Les largages d'aide humanitaire de l'ONU en Syrie ne sont pas imminents, malgré les pressions

En Syrie, l'ONU envisage d'utiliser des hélicoptères pour larguer des vivres et des équipements médicaux dans les villes assiégées auxquelles Damas continue de refuser l'accès.

Le sujet a été abordé lors d'une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui avait laissé au gouvernement syrien jusqu'au 1er juin pour autoriser des convois humanitaires dans les villes assiégées, sans quoi les Nations unies procéderaient à des largages.

Jeudi, Damas a autorisé les Nations unies et la Croix-Rouge à envoyer des convois d'aide humanitaire dans 11 villes sur les 19 qui encerclées par son armée, dont le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et la ville de Madaya. Toutefois, certaines villes assiégées par l'armée gouvernementale, comme Daraya et Douma, pourront seulement recevoir de l'aide médicale, des fournitures scolaires et du lait pour bébés.

« Daraya a besoin de tout : nourriture, médicaments, produits sanitaires, carburant », a déclaré le militant antirégime Chadi Matar. Aucune nourriture n'y a été distribuée depuis 2012. « Il n'y a que des opérations de troc entre habitants. Certaines denrées rentrent par le biais de la contrebande, car quelques personnes risquent leur vie pour sortir de la ville. »

Cependant, les États-Unis et la Grande-Bretagne estiment que les efforts de Damas sont insuffisants et poussent l'ONU à procéder à des largages d'aide. « Il n'y a pas un moment à perdre », dit l'ambassadeur britannique à l'ONU, Matthew Rycroft. Son collègue français François Delattre craint d'ailleurs que les populations civiles meurent de faim si rien n'est fait très prochainement.

Une opération trop complexe?

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir vendredi une réunion d'urgence pour trouver des moyens de secourir les habitants affamés dans ce pays en guerre depuis maintenant cinq ans. Malgré le sentiment d'urgence, l'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy, estime que les largages d'aide ne sont pas « imminents », vu la complexité de l'opération.

L'ONU ne croit pas qu'elle recevra le feu vert du régime syrien pour emprunter les voies aériennes qui sont habituellement utilisées par les avions commerciaux.

Les largages seraient particulièrement problématiques dans les zones urbaines, ajoute le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric. « Chaque hélicoptère transporterait environ trois tonnes et devrait atterrir pour décharger. On imagine les difficultés en matière de sécurité pour réaliser cela. »

Enfin, la sécurité de ces hélicoptères est également en question puisqu'ils devront contourner dans le ciel les avions russes, syriens et ceux de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

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Largages d'armes

Si les Syriens risquent de ne pas voir des largages d'aide humanitaire de sitôt, la coalition formée par les États-Unis pour combattre le groupe armé État islamique (EI) a procédé jeudi à des largages d'armes et de munitions destinées aux rebelles syriens de Marea, dans la province d'Alep.

Les combattants de l'EI ont coupé les voies d'approvisionnement des insurgés qui tiennent Marea.

Par ailleurs, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par les Kurdes, tentent toujours de s'emparer de la ville de Minbej, et ainsi couper le ravitaillement des djihadistes à Raqqa, en Turquie.

Des bombardements du régime syrien ont également tué 19 civils, dont 6 enfants, dans les quartiers rebelles de la ville d'Alep, et des offensives de forces kurdes contre l'EI dans les provinces d'Alep et de Raqqa, dans le nord du pays.

Obama défend l'approche diplomatique en Syrie

Le président américain, Barack Obama, a déclaré de nouveau jeudi que ce serait une erreur d'envoyer des troupes américaines au sol en Syrie. Il soutient que les États-Unis ne veulent pas se laisser entraîner dans une nouvelle guerre civile au Moyen-Orient.

« Les propositions sur une implication militaire américaine plus forte dans un conflit tel que la guerre civile en Syrie doivent être [...] examinées avec rigueur en prenant honnêtement en compte les risques qu'elles comportent », a-t-il affirmé. « La seule réelle solution au conflit syrien est une solution politique », a-t-il martelé, lançant un nouvel appel au départ du « dictateur Assad ».

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