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Les limites du pouvoir de Trump en 7 revirements

« Mouvementé » est un euphémisme si on veut décrire les trois premières semaines de l'administration Trump. Des grandes manifestations jusqu'au chaos dans les aéroports, en passant par le retrait d'importants accords commerciaux... Trois semaines qui ont montré la volonté du président de bousculer l'ordre établi, mais qui lui ont aussi rappelé que ses pouvoirs n'étaient pas sans limites.

Le style de gouvernement promis par le candidat Donald Trump - décisif, unilatéral et rapide - s'est rapidement heurté à plusieurs obstacles. C'est parfois le résultat des gestes de son administration, parfois une réflexion de la réalité : le président des États-Unis ne peut imposer sa volonté partout. Mis ensemble, ces obstacles laissent à croire que sa présidence pourrait être moins dévastatrice que le craignent ses critiques les plus virulents.

Voici 7 exemples où Donald Trump a été forcé de reculer sur ses positions originales.

1. LE DÉCRET ANTI-IMMIGRATION

La décision de la Cour d'appel pour le neuvième circuit sur le décret anti-immigration du président l'a dit clairement. Les juges ont le pouvoir de réviser les décisions de l'exécutif. Même sur des questions d'immigration qui touchent aussi la lutte antiterroriste. Ce n'est pas un jugement sur la question de fond (la validité de la directive qui ferme temporairement les portes des États-Unis à des millions de gens), mais une sorte d'avertissement. Même président, Donald Trump doit respecter les lois.

2 - LA CHINE UNIQUE

Avant les juges, les dirigeants étrangers ont aussi montré au président que le monde ne tournerait pas toujours selon ses volontés. Le président chinois aura attendu trois semaines avant de s'entretenir avec son homologue américain. Un traitement qui semble avoir provoqué une concession de la part de Donald Trump : le respect par les États-Unis de la politique de la Chine unique.

3 - LE MUR

De son côté, le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a dû annuler une visite à Washington pour bien faire passer son message : son pays ne payera pas le fameux mur que Donald Trump veut faire bâtir à la frontière sud. C'était peut-être le plan initial, mais il est depuis devenu clair que les Américains vont payer les frais de construction, qui pourraient dépasser les 20 milliards de dollars américains.

4 - LE NUCLÉAIRE IRANIEN

L'Union européenne dit avoir les assurances que Washington ne va pas tenter de déchirer l'entente sur le nucléaire iranien. C'est peut-être le fruit des réalités économiques : les entreprises européennes tentent déjà de tisser des liens d'affaires avec l'Iran. Les concurrents américains seraient bien embêtés si leur gouvernement interdisait les échanges avec ce pays.

5 - L'OTAN

Les pressions européennes (et probablement celles de ses propres généraux) semblent être venues à bout des réticences du président américain vis-à-vis de l'OTAN. En campagne, il semblait remettre en doute la pertinence de cette vieille alliance militaire. Devant Theresa May, la première ministre britannique, Donald Trump avait murmuré son appui à l'Organisation. Quelques jours plus tard, le président l'a dit sans équivoque : « Nous appuyons fermement l'OTAN. »

6 - LA FAMILLE DU PRÉSIDENT

Les élus américains ont aussi tracé certaines lignes, des indications des limites de ce qu'ils jugent acceptable. Notamment sur ce qui touche les possibles conflits d'intérêts entourant la famille Trump. Le comité d'éthique de la Chambre des représentants réclame notamment des sanctions « appropriées » contre l'une des principales conseillères du président, Kellyanne Conway. C'est elle qui a fait la promotion des vêtements d'Ivanka Trump à la télévision, en direct de la salle de presse de la Maison-Blanche.

7 - LE CONGRÈS

Le puissant porte-parole de la majorité républicaine au Sénat a lui aussi montré au président les limites de son autorité. Et il l'a fait dans les heures suivant la victoire électorale du républicain. En deux courtes phrases, le sénateur Mitch McConnell a écarté l'une des promesses les plus symboliques de Donald Trump : limiter le nombre d'années durant lesquelles les élus peuvent servir au Congrès. Un avertissement qui souligne également la dépendance du président envers les membres du Congrès : ils n'accepteront pas de faire passer n'importe quelle loi.

Rien de tout cela ne veut dire que Donald Trump n'a pas de pouvoirs. Ou qu'il ne peut pas radicalement transformer les États-Unis. Ces restrictions sont autant de rappels qu'il doit procéder avec prudence, de manière délibérée. Et qu'il ne pourra pas aller aussi loin qu'il le souhaite.

Pour les plus craintifs, c'est peut-être un peu de réassurances.

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