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Les manifestations antigouvernementales se poursuivent au Venezuela

Les Vénézuéliens ont à nouveau investi par centaines les rues de Caracas et d'autres grandes villes, jeudi, en réponse à l'appel de l'opposition qui presse le président Nicolas Maduro d'organiser des élections législatives.

Au lendemain de la « mère des manifestations », qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes et fait trois morts, les affrontements ont repris entre les forces de l’ordre et les manifestants.À Caracas, un camion de la garde nationale a aspergé les manifestants de gaz lacrymogènes alors qu’ils occupaient les voies d’accès de la plus grande autoroute menant à la capitale.Certains manifestants masqués ont répliqué en lançant des cocktails Molotov et des pierres. D'autres ont brûlé des conteneurs à déchets et des troncs d'arbres, tandis qu’un hélicoptère survolait la zone.

Réunie dans une coalition appelée la Table pour l’unité démocratique (MUD), l’opposition galvanise la population depuis plusieurs semaines, la conviant à prendre les rues d’assaut pour exiger le départ du président Maduro.Très impopulaire, le successeur d’Hugo Chavez est accusé d’avoir failli à ses devoirs puisque le pays continue de s’embourber dans une lourde crise économique. Le chef d’État se voit aussi reprocher ses tendances dictatoriales après que la Cour suprême – de connivence avec Maduro – eut tenté de s’arroger les pouvoirs du Parlement, contrôlé par la MUD.Nicolas Maduro, dont le mandat prend fin en 2019, refuse toutefois de céder à la grogne populaire et d’accorder la moindre importance aux manifestations monstres qui se succèdent depuis le 1er avril.

Déjà, huit personnes ont perdu la vie au cours de ces défilés. Environ 600 personnes ont aussi été arrêtées, selon l’ONG Foro Penal.

En réponse à la série de manifestations et à l'intensification des violences, le président Maduro a autorisé mardi l’entrée en vigueur d’un plan de défense pour renforcer la présence militaire et policière dans tout le pays.

Inquiétude à l’internationalDevant l’escalade des tensions, l’Union européenne a condamné les violences « très regrettables » qui sont survenues depuis le début du mois.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé le gouvernement et l’opposition à reprendre le dialogue afin que « tous les efforts soient faits pour […] empêcher de nouveaux affrontements ».Amnistie internationale s’est dite préoccupée par la « répression » qui sévit au pays. Malgré ces appels à la résolution, les manifestations risquent de continuer au Venezuela. L’opposition a convoqué la population à une « marche du silence », samedi prochain.

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