Alors que la contestation contre le président Nicolas Maduro entre dans sa quatrième semaine au Venezuela, des manifestants ont bloqué la circulation en organisant des sit-in monstres, tandis que d'autres érigeaient des barricades à l'aide de déchets, baignoires et objets divers, dans l'espoir d'obtenir des élections anticipées.

Depuis les premières manifestations, début avril, dix personnes ont été tuées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. Dix personnes ont également péri durant des pillages nocturnes.

Le gouvernement socialiste accuse ses opposants de chercher à le renverser par la force avec l'appui des États-Unis, tandis que l'opposition dénonce les penchants autoritaires et l'incompétence du chef de l'État face à la grave crise économique que traverse le pays.

Outre des élections, l'opposition demande la libération des militants emprisonnés. La colère de la rue est aussi alimentée par la crise économique. Brandissant le drapeau national, les manifestants ont dénoncé les pénuries, l'inflation galopante et l'insécurité en scandant: « Ce gouvernement est tombé! »

« J'ai le ventre vide parce que je ne trouve rien à manger », déclare Jeannette Canozo, femme au foyer de 66 ans, qui accuse la police d'avoir eu recours à des balles en caoutchouc contre les manifestants pour démanteler dans la matinée une barricade dressée sur une avenue de Caracas, la capitale.

Stratégies nouvelles

Pour tenter de maintenir la pression sur le gouvernement, l'opposition est à la recherche de stratégies nouvelles, comme avec les protestations silencieuses sous forme de sit-in.

Lundi à Caracas, les manifestants tentaient de se rejoindre sur une artère importante où, en fin de matinée, plusieurs centaines de personnes étaient assises, jouant aux cartes, protégées du soleil par des chapeaux et des ombrelles.

Dans l'État de Tachira, à l'un des nombreux sit-in prévus dans tout le pays, certains jouaient au Ludo, un jeu de société, tandis que d'autres attendaient, drapeaux à la main. Lundi à la mi-journée, les manifestations étaient largement pacifiques, mais les heurts se produisent en général plus tard.

Ce mouvement de contestation est le plus important depuis la vague de manifestations du printemps 2014, qui a fait 43 morts.

Les manifestations de cette année ont commencé quand la Cour suprême, favorable au gouvernement, s'est arrogé les pouvoirs de l'Assemblée nationale, le Parlement monocaméral, où l'opposition est majoritaire. Face au tollé, la Cour a rapidement fait marche arrière, mais, quelques jours plus tard, la mise à l'écart de la vie politique du chef de file de l'opposition Henrique Capriles a galvanisé les forces d'opposition.

Plus de 1400 personnes ont été arrêtées depuis le début du mois dans le cadre des manifestations et 636 d'entre elles étaient toujours en détention lundi, selon le groupe de défense des droits Penal Forum.

Sous pression pour organiser des élections, Nicolas Maduro a souhaité la tenue rapide des élections des gouverneurs, qui auraient dû avoir lieu l'an dernier. Mais rien n'indique que le gouvernement acceptera d'avancer la prochaine présidentielle comme le réclame l'opposition. Le vote est prévu fin 2018.

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