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Les négociations sur le Brexit se poursuivent dans un climat de défiance

Londres et Bruxelles entament lundi une nouvelle session de négociations dans un climat de tension, les Britanniques étant de plus en plus pressés de quitter l'Union européenne (UE), tandis que les Européens s'attardent encore aux procédures entourant le divorce.

Cette troisième série de négociations devant mener à la sortie du Royaume-Uni de l'UE doit se poursuivre jusqu'à jeudi au siège de la Commission européenne, à Bruxelles.

Avant même le début des travaux, les positions se durcissent du côté des Européens, qui reprochent aux Britanniques de présenter des positions qui manquent de substance, alors que Londres estime pour sa part que Bruxelles ralentit le déroulement des pourparlers en s’attardant aux procédures.

C’est que, pour les Européens, trois questions doivent absolument être réglées avant tout, soit : la somme que devra payer Londres à son départ de l'UE, le statut des citoyens européens qui demeureront au Royaume-Uni et la question de la frontière entre l'Irlande, qui demeure dans l’UE, et l'Irlande du Nord.

Pour Bruxelles, aucune discussion commerciale ou concernant les relations futures de l’UE et du Royaume-Uni ne sera entamée tant que des « progrès suffisants » n’auront pas été réalisés sur ces trois points.

Selon des évaluations officieuses, le coût du Brexit pour les Britanniques se situerait entre 60 et 100 milliards d’euros tandis que Londres refuse de payer plus de 40 milliards, selon la presse britannique.

Pour Bruxelles, les Britanniques n’ont présenté jusqu’ici que des textes qui traitent de la « relation future » de leur pays avec l’UE, évitant soigneusement d’aborder les priorités européennes.

Selon un haut responsable européen cité par l’Agence France-Presse, les Britanniques « ont promis une présentation orale de leur analyse juridique » du règlement financier du Brexit, l’un des plus épineux dossiers entre les deux parties, sans plus.

De leur côté, les Britanniques sont de plus en plus pressés de quitter l’UE pour éviter de s’engager dans des années de négociations et de palabres qui laisseraient le pays dans l’incertitude et en position de faiblesse face à ses principaux partenaires économiques européens.

Rejetant les propos de Bruxelles, qui déplore le « manque de substance » des propositions britanniques, le ministre du Brexit David Davis a affirmé que Londres « travaille dur » pour faire progresser les choses, rappelant que son gouvernement vient de publier des documents clarifiant sa position dans différents domaines liés au Brexit.

« Et nous sommes prêts à remonter nos manches et à nous mettre au travail une fois de plus », a renchéri le ministre Davis.

Selon des négociateurs européens cités par l’AFP, « aucune percée » n’est attendue cette semaine au terme de cette nouvelle session de négociations en raison de la distance qui sépare toujours les positions britanniques et européennes sur les principaux sujets à aborder.

Jusqu’ici, peu de progrès ont été accomplis entre l’Union européenne et les Britanniques, qui se sont prononcés en faveur du Brexit le 23 juin 2016.

Selon les termes négociés, cette sortie historique du Royaume-Uni doit être terminée d’ici la fin mars 2019. Un échéancier qui soulève de plus en plus de doutes autant à Londres qu’à Bruxelles.

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