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Les noms des victimes de la fusillade de Santa Fe sont dévoilés

Les autorités ont dévoilé samedi l'identité des personnes tuées vendredi matin lors d'une fusillade dans une école secondaire de Santa Fe, au Texas. La veille au soir, des centaines de personnes avaient déposé des fleurs ou allumé des bougies à la mémoire des victimes.

« J'espère que ça va nous rendre plus proches, faire sortir quelque chose de positif de cet événement négatif », a déclaré Clayton George, qui jouait au football avec l'auteur présumé de la fusillade, Dimitrios Pagourtzis.

Une enseignante suppléante et une jeune pakistanaise qui participait à un échange étudiant sont parmi les premières victimes confirmées de la fusillade.

Du côté des blessés, on compte par ailleurs un policier en milieu scolaire, ainsi qu'un joueur de baseball en deuxième année du secondaire.

L'enseignante, Cynthia Tisdale, était mariée depuis 40 ans avec son conjoint, et laisse également dans le deuil trois enfants et huit petits-enfants.

Sa nièce, Leia Olinde, considérait Mme Tisdale comme sa mère. Celle-ci l'a d'ailleurs aidée à choisir une robe de mariée, l'an dernier.

« Elle était merveilleuse, elle était tellement aimante. Je n'ai jamais connu une femme qui aimait autant sa famille », a ajouté la femme de 25 ans.

De son côté, l'ambassade du Pakistan à Washington a confirmé le décès de Sabika Sheikh, qui se trouvait aux États-Unis dans le cadre d'un échange supervisé par le programme YES, l'acronyme de Kennedy-Lugar Youth Exchange & Study Abroad.

« Sachez que le programme est dévasté par cette perte et nous nous souviendrons toujours de Sabika et de sa famille », a ainsi écrit l'une des responsables, Megan Lysaght, dans une lettre adressée aux participants.

Selon l'association pakistanaise de Houston, l'étudiante devait retourner chez elle, au Pakistan, pour l'Aïd el-Fitr, une fête de trois jours qui marque la fin du ramadan pour les musulmans.

Parmi les autres victimes, on note une deuxième enseignante, Glenda Perkins. Les autres, à l'image de la jeune Sabika, étaient tous des élèves de l'établissement.

Il s'agit de Kimberly Vaughan, Shan Fisher, Angelique Ramirez, Christian Riley Garcia, Jared Black, Christopher Jake Stone et Aaron Kyle McLeod.

Un tireur silencieux

Le présumé auteur de la fusillade a commencé à être interrogé par la justice vendredi.

Tête baissée, menotté, l'adolescent de 17 ans a simplement répondu « Oui Monsieur », « Non Monsieur » aux questions d'un juge sur des points de procédure. Il a été accusé de meurtre qualifié, un crime passible de la peine de mort.

Armé d’un fusil et d'un revolver appartenant à son père, il a fait irruption dans une classe vers 8 h du matin (9 h, heure avancée de l’Est) et a ouvert le feu, tuant 10 personnes et en blessant 10 autres.

Le suspect a échangé « bien des coups de feu » avec les forces de l'ordre avant de se rendre, a précisé Mark Henry, l'administrateur en chef du comté.

En fouillant la chambre du présumé tireur, les autorités ont découvert des bonbonnes de dioxyde de carbone reliées ensemble par du ruban adhésif, ainsi qu'une cocotte-minute avec un réveille-matin et des clous à l'intérieur.

Les bonbonnes n'étaient toutefois pas reliées à un détonateur, et l'autocuiseur ne contenait pas d'explosifs, a précisé M. Henry.

« C'était plutôt calme pendant quelques secondes et puis on a entendu quelqu'un tirer "pan, pan, pan". Et tout le monde a paniqué », a raconté à l'AFP Hunter Mead, 14 ans.

« J'ai couru aussi vite que j'ai pu jusqu'à la forêt et je me suis cachée pour appeler ma mère », a raconté en pleurs Dakota Schrader, une autre élève.

Evan San Miguel, dont l'épaule gauche a été frôlée par une balle, a pour sa part évoqué une scène « terrifiante » en classe.

Des motifs inconnus

Si certains de ses camarades ont évoqué un adolescent calme mais assez solitaire, les raisons qui ont poussé le jeune Dimitrios à commettre ce massacre restent pour l’instant inconnues.

Des informations trouvées « dans ses journaux, sur son ordinateur et son téléphone » ont permis d'établir que le tireur prévoyait de se suicider après l'attaque qu'il avait planifiée, a précisé le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott.

Un élève a indiqué à une chaîne de télévision locale que l'adolescent, joueur de football américain, était victime de harcèlement : « Les entraîneurs le harcelaient et l'insultaient ».

Selon les autorités, il avait récemment publié une photo sur sa page Facebook d'un t-shirt noir portant les mots « Né pour tuer ».

Mais selon le gouverneur Abbott, les signaux d'un passage à l'acte étaient « soit non existants, soit très imperceptibles ».

La famille de l'adolescent a réagi par voie de communiqué, samedi, se disant « aussi choquée et confuse que quiconque par les événements », en plus d'offrir prières et pensées pour les victimes.

Les proches de l'auteur présumé du massacre affirment également « largement ignorer les détails de la tragédie [de vendredi] », mais que « ce que nous avons appris dans les médias semble être largement incompatible avec le garçon que nous aimons ».

Une vingtaine de fusillades en moins d'un an

Il s'agit de la 22e fusillade à survenir dans une école des États-Unis depuis le début de l'année 2018. Il y a seulement trois mois, 17 personnes ont été tuées par balles par un tireur de 19 ans dans une école secondaire de Parkland, en Floride.

Ce massacre avait déclenché une mobilisation nationale pour demander de limiter l'accès aux armes à feu. Plus d'un million de personnes, en majorité des jeunes, avaient notamment manifesté fin mars. Les responsables politiques n'ont pas depuis adopté de mesures légales significatives.

« Vous ne méritiez pas ça », s'est insurgée dans un tweet Emma Gonzalez, l'une des meneuses du mouvement March for Our Lives. « Vous méritez d'être en paix toute votre vie, pas seulement une fois qu'une épitaphe le dit sur votre tombe », a lâché la jeune femme.

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