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Les patrons du FBI et de la NSA témoignent sur la Russie

Les directeurs du Federal Bureau of Investigation (FBI) et de la National Security Agency (Agence de sécurité naitonale, NSA) vont rompre le silence sur les soupçons de liens entre la Russie et la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis, lundi, lors d'une audience publique très attendue au Congrès.

James Comey et Mike Rogers seront également interrogés sur les accusations plus récentes du président Donald Trump concernant une présumée mise sur écoutes ordonnée par son prédécesseur Barack Obama.

Le président républicain de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, David Nunes, et le premier démocrate représenté dans cette instance, Adam Schiff, ont convoqué le directeur du FBI et le patron de la NSA afin de témoigner dans le cadre de l'enquête que mène leur commission sur le dossier.

L'audience doit débuter à 10 h (HAE).

D'autres commissions du Congrès planchent également sur le sujet, la plupart à huis clos. Mais les élus du Congrès, conscients du malaise provoqué par les allégations selon lesquelles Moscou aurait tenté de favoriser l'élection de Donald Trump en novembre, promettent de rendre publiques le plus possible de leurs conclusions. La Russie rejette ces accusations.

James Comey et l'amiral Rogers ne devraient pas faire de révélations fracassantes étant donné qu'une bonne partie des informations qu'ils détiennent sont classifiées.

Mais l'audition pourrait tout de même être mouvementée, notamment du côté des élus démocrates, qui reprochent aux dirigeants républicains du Congrès d'avoir refusé de nommer un procureur spécial ou une commission ad hoc pour enquêter.

Les soupçons d'ingérence russe dans le scrutin présidentiel américain pèsent sur le climat politique depuis des semaines.

Le premier conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael Flynn, un fidèle du président, a été contraint à la démission le 13 février pour avoir omis de faire part de contacts avec l'ambassadeur de Russie aux États-Unis avant l'investiture de Trump le 20 janvier.

La semaine dernière, de nouvelles informations ont fait surface à propos d'une somme de plus de 65 000 $ que des sociétés liées à la Russie ont versée à Michael Flynn en 2015.

Le secrétaire à la Justice Jeff Sessions a quant à lui été obligé de se récuser de l'enquête de son département après avoir passé sous silence, lors de son audition au Sénat en vue de sa confirmation, deux rencontres avec l'ambassadeur russe Sergueï Kislyak avant l'élection.

« Chasse au n’importe quoi »

Qu'ils soient républicains ou démocrates, beaucoup d'élus du Congrès reprochent aux agences de renseignement de ne pas leur avoir fourni suffisamment d'informations sur les liens avec la Russie ainsi que sur les accusations portées sans aucune preuve par Donald Trump à propos d'une mise sur écoute.

Adam Schiff a dit s'attendre à ce que James Comey éclaircisse ce dernier point lors de son audience en déclarant ces allégations infondées. « J'espère que nous pourrons mettre un terme à cette chasse au n'importe quoi parce que ce que le président a dit est manifestement faux », a-t-il dimanche sur NBC.

Sur la chaîne Fox News, David Nunes a lui aussi déclaré qu'il ne pensait pas que ces écoutes aient eu lieu, et plusieurs autres républicains ont demandé ces derniers jours à Donald Trump de s'excuser pour les accusations qu'il a lancées au fil d'une série de tweets le 4 mars.

Des membres des deux partis menacent de retarder les auditions de confirmation des membres de l'administration tant qu'on ne répondra pas à leurs requêtes d'information.

Interrogé sur ce que la commission attend de l'audience de lundi, Jack Langer, porte-parole de David Nunes, a dressé une liste substantielle.

« Nous attendons des directeurs Comey et Rogers qu'ils apportent un éclairage sur les mesures actives prises par la Russie pendant la campagne 2016, sur la réponse du gouvernement américain, sur la compilation du rapport du 6 janvier de la communauté du renseignement sur ces événements, et sur les questions annexes concernant une éventuelle surveillance des membres de la campagne de Trump et d'éventuelles fuites d'informations classifiées », a-t-il dit.

La commission du Sénat sur le renseignement a annoncé une audience publique pour le 30 mars. La liste des témoins ne comprend pas encore de responsables du gouvernement.

La commission de la Chambre organisera quant à elle une deuxième audience publique le 28 mars en présence d'anciens hauts responsables, dont l'ex-directeur du renseignement, James Clapper, et l'ex-directeur de la CIA, John Brennan.

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