Est-ce qu'on peut imaginer les prochains Jeux olympiques, en février prochain, à Pyeongchang, en Corée du Sud, sans la Russie? L'Agence mondiale antidopage doit analyser mercredi, à Séoul, des documents indiquant que la Russie aurait organisé un système de dopage de ses athlètes, ce que le Kremlin nie toujours.

Rappelons que Grigori Rodtchenkov, responsable du laboratoire de contrôle antidopage de Russie, notamment aux Jeux olympiques de Sotchi, a révélé au monde l’existence d’un système de dopage institutionnalisé mis sur pied par la Russie. Depuis sa fuite aux États-Unis, deux de ses amis impliqués dans ce dossier sont morts dans des circonstances mystérieuses.

Les révélations de Rodtchenkov ont grandement aidé le juriste canadien Richard McLaren dans son enquête lors de laquelle il a démontré un système de dopage impliquant autant le ministère russe des Sports que le service secret russe, le FSB.

Mais, coup de théâtre, un lanceur d’alerte a remis à l’Agence mondiale antidopage une base de données sur les contrôles antidopage réalisés au laboratoire russe de 2012 à 2015, données que le Kremlin refusait de rendre publiques. Ces données viendraient renforcer les conclusions du rapport McLaren.

À la lumière des preuves accumulées, le Comité international olympique (CIO) a annoncé des sanctions envers des athlètes russes. Entre autres, six fondeurs ont été exclus à vie des Jeux olympiques et leurs cinq médailles leur ont été retirées.

La Russie continue à tout nier. Elena Valbe, qui dirige la Fédération russe de ski de fond, réaffirme qu’il n’y a pas eu de contrôles positifs de ces athlètes.

La croisade de Poutine

Pendant ce temps, le président russe, Vladimir Poutine, multiplie les interventions, reprises par la presse officielle, pour tenter d’éviter une expulsion de la Russie des Jeux de Pyeongchang.

À Sotchi, le 19 octobre, il accusait les États-Unis d’exercer des pressions sur les commanditaires des Jeux pour qu’on expulse la Russie ou que l’on force ses athlètes à défiler sous un drapeau neutre. Deux options humiliantes pour la Russie, selon lui.

À Tcheliabinsk, le 9 novembre, au cours d’une rencontre avec des ouvriers, il ajoutait que les États-Unis veulent semer le mécontentement dans la population russe. « On soupçonne qu’ils exercent des représailles face à la prétendue intervention russe dans l’élection présidentielle américaine. Ils veulent causer des problèmes pendant notre élection présidentielle », affirmait-il.

L'élection présidentielle aura lieu en mars prochain. Vladimir Poutine n’a pas encore confirmé sa candidature.

Le Comité international olympique a créé deux commissions internes qui enquêtent elles aussi sur ces cas de dopage. À la lumière de ces révélations, le CIO décidera début décembre si la Russie sera la bienvenue à Pyeongchang.

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