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Les procureurs américains révèlent des détails sur les exactions d’« El Chapo »

Au-delà d'être l'un des narcotrafiquants les plus puissants de la planète, « El Chapo » était également un homme d'une rare violence, capable de commanditer ou de commettre lui-même des enlèvements, des assassinats ainsi que des gestes de torture, ont fait valoir les procureurs américains chargés du dossier.

Ils ont dévoilé mardi des éléments de preuve basés sur les déclarations de témoins qu’ils comptent faire entendre lors du procès de Joaquín « El Chapo » Guzman, dont l’ouverture est prévue en septembre à Brooklyn.

Le sexagénaire est poursuivi pour avoir fait entrer au moins 200 tonnes de cocaïne sur le territoire américain. Les éléments dévoilés mardi démontrent toutefois l’ampleur des exactions commises par l’homme et son cartel de Sinaloa, au-delà du trafic de drogues.

Enlèvements, assassinats et torture

Selon les services du procureur fédéral de Brooklyn, Richard Donoghue, il semble que Joaquín Guzman n’ait pas eu de limites pour intimider ses rivaux et les empêcher de nuire.

L'essentiel des violences attribuées au narcotrafiquant et à ses hommes sont survenues dans le cadre de guerres entre cartels mexicains, étalées sur deux décennies.

Au début des années 90, la lutte de pouvoir contre le clan Arellano Felix fut marquée, entre autres, par une fusillade qui a fait six morts dans une discothèque de Puerto Vallarta.

Après s’être évadé de prison en 2001, « El Chapo » a aussi rivalisé avec le cartel Los Zetas.

Selon l'accusation, « El Chapo » exigeait que ses « sicarios », ses hommes de main, lui amènent les membres du cartel rival afin qu'il les interroge lui-même. En une occasion, il a lui-même abattu plusieurs « Zetas » à bout portant après les avoir questionnés.

Lors d'un autre épisode de violence, il a fait amener deux hommes, a pris son repas, puis les a interrogés avant de les faire passer à tabac puis assassiner au fusil.

Les notes de la justice américaine font aussi état d'une tentative d'importer sept tonnes de cocaïne cachées dans des contenants de piments jalapeños.

Élargir la période d’accusation

Le procureur Donoghue a demandé à ce que le magistrat en charge du dossier intègre ces éléments aux preuves réunies contre Joaquin Guzman.

Il a également demandé que soit élargie la période visée par l'accusation au-delà de septembre 2014, limite du champ actuellement considéré. Il souhaite ainsi intégrer un trafic d'opiacés auquel se serait livré « El Chapo » et le cartel de Sinaloa.

Les procureurs assurent avoir des photos satellitaires d’« El Chapo » et de ses activités, des grands livres, des dizaines de vidéos, des milliers de courriels et d'appels téléphoniques interceptés, et plus de 300 000 pages de documents.

L'avocat du narcotrafiquant a pour sa part indiqué qu'il répondrait « en temps utile », après avoir pris connaissance de ces nouveaux éléments.

Lundi, la défense de M. Guzman avait demandé les dossiers criminels de la quarantaine de témoins que les procureurs comptent appeler, notamment des trafiquants de drogue, des messagers, des hommes de main et des comptables.

Interpellé en janvier 2016 au Mexique et extradé aux États-Unis un an plus tard, « El Chapo » est détenu dans une prison ultra-sécurisée du sud de Manhattan. Il risque la prison à vie.

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