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Les réactions affluent après la mort du Lider maximo

L'annonce de la mort du révolutionnaire et ancien président cubain Fidel Castro, vendredi soir à La Havane, a suscité de nombreuses réactions, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde.

Le président américain Barack Obama a offert ses condoléances à la famille Castro. Il a également exprimé son « amitié envers le peuple » de l'île communiste.

Reconnaissant l'influence de Fidel Castro sur le 20e siècle, Barack Obama a ajouté que l’histoire jugera de son « impact énorme ».

La première réaction officielle des États-Unis est cependant venue de Twitter, depuis le compte du futur président Donald Trump. « Fidel Castro est mort », a-t-il simplement lancé à la twittosphère.

Donald Trump a déclaré, quelques heures plus tard, que Fidel Castro était « un dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple », ajoutant qu'il fera « tout » pour contribuer à sa liberté. « Même si Cuba demeure une île totalitaire, mon espoir est que cette journée marque un éloignement des horreurs subies trop longtemps », a poursuivi Trump.

Le vice-président désigné, Mike Pence a pour sa part déclaré sur Twitter : « Le tyran Castro est mort. Nouvel espoir à l'horizon. Vive un Cuba libre. »

Les relations cubano-américaines sous Trump

Donald Trump a évité de rappeler ses réserves dans le dossier du réchauffement diplomatique entre Cuba et les États-Unis, amorcé par le président Obama. Ce dernier a d'ailleurs rappelé que les États-Unis ont « travaillé dur pour tourner la page de la discorde » entre les deux anciens ennemis de la guerre froide, une pointe à son successeur.

Le secrétaire d'État, John Kerry, s’est lui aussi employé à préserver les avancées diplomatiques faites avec Cuba. « Les États-Unis réaffirment leur soutien à l'approfondissement de notre engagement avec le peuple cubain maintenant et dans les années à venir », a-t-il écrit.

Les autorités américaines n'ont par ailleurs négocié qu’avec Raul Castro et ont ignoré son frère Fidel dès le début des négociations.

Donald Trump, qui sera investi le 20 janvier prochain, s’est en effet opposé pendant la campagne électorale à la fin de l’embargo financier et commercial imposé à l’île communiste depuis 1962.

« Le prochain président peut revenir en arrière, et c'est ce que je ferai si le régime Castro ne respecte pas nos exigences », a-t-il affirmé en septembre dans le coeur de la communauté cubano-américaine à Miami. La levée de l’embargo dépend du Congrès qui, contrôlé par les républicains, y est opposé.

« Le dictateur est mort, mais pas la dictature, a pour sa part affirmé le sénateur de la Floride, Marco Rubio. « Plus que jamais, le Congrès et la nouvelle administration doivent se tenir contre leurs dirigeants brutaux et soutenir leur lutte pour la liberté et les droits fondamentaux. »

Les élus républicains ont, dans l’ensemble, soutenu les propos de Donald Trump avec l’espoir que la mort de Fidel Castro tourne la page de l’oppression du peuple cubain.

Entre-temps, la mort de l'ex-dirigeant cubain a plutôt donné lieu à des manifestations de joie dans la communauté cubaine de Miami, en Floride.

Les médias américains ont quant à eux rapidement rappelé les relations tendues entre les deux pays d’Amérique. Il a « tourmenté » 11 présidents américains et « amené le monde au bord de la guerre nucléaire », a écrit le New York Times. Le Los Angeles Times et le Washington Post ont respectivement salué une « icône révolutionnaire » et un « leader répressif ».

Tour du monde des réactions

Les pays alliés de Cuba n’ont pas tardé à rendre hommage à Fidel Castro, de New Delhi à Moscou, en passant par Caracas et Johannesburg. Le premier ministre canadien Justin Trudeau s'est dit attristé par la mort de l'« ami » Castro.

Le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié le dirigeant cubain de symbole d'une époque, tout en ajoutant que Fidel Castro était « un ami sincère et fiable de la Russie ».

Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu mener son pays sur la voie du développement indépendant.

Vladimir Poutine

Le président syrien, Bachar Al-Assad, s’est rangé du côté de son allié russe, saluant la « résistance légendaire » de Castro devant les États-Unis. « Cuba, pays ami, a pu grâce à ses leaders résister contre les sanctions les plus dures et les campagnes les plus injustes de notre histoire moderne. »

Les relations sont bonnes entre Damas et La Havane, Cuba s’étant d’ailleurs alignée sur la position de la Russie à propos de la guerre en Syrie.

L'ex-dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev s'est aussi exprimé en affirmant que Fidel Castro avait pu « fortifier » son pays et résister au blocus américain, tout en vantant le fait qu'il a réussi à « mener son pays sur la voie du développement indépendant ». Il a tout fait, a-t-il ajouté, « pour détruire le système colonial du 20e siècle ».

Malgré sa mort, Fidel Castro « vivra éternellement », a souligné le président chinois Xi Jinping, dans un message télévisé. « Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère », a-t-il ajouté.

Fidel Castro a été « un grand dirigeant », a dit l'agence de presse officielle du Vietnam communiste. Il a été « le brillant miroir des mouvements d'indépendance et révolutionnaires des nations d'Amérique latine et du monde ». Le président Tran Dại Quang est d'ailleurs le dernier chef d'État à avoir rencontré Fidel avant sa mort.

Le président du Venezuela a pour sa part appelé la population à poursuivre l'héritage de Fidel Castro. Nicolas Maduro s'est entretenu au téléphone avec le président cubain Raul Castro afin d'exprimer sa solidarité et son amour envers le peuple cubain. Sur Twitter, il a également appelé tous ceux qui défendent un monde plus juste à aller de l'avant avec les idées révolutionnaires de l'ancien président cubain.

Le président mexicain, Enrique Pena Nieto, a dit pleurer la mort du chef de file de la révolution cubaine, « respectueux du dialogue et de la solidarité » avec son pays, qu'il considère aussi comme une figure emblématique du 20e siècle.

La peine du Mexique est partagée par la Bolivie, d’où son président, Evo Morales, a souligné l’héritage du combat de Fidel Castro pour l’intégration des peuples du monde. « Le départ du "Comandante" est une véritable souffrance », a-t-il dit.

Au Salvador, le président, Sanchez Ceren, a également salué un « ami et éternel compagnon », dont la mort l’a profondément attristé.

Le président de l’Équateur, Rafael Correa, a ajouté sa voix à la pluie d’hommages : « Un grand nous a quittés. Fidel est mort. Longue vie à Cuba. Longue vie à l'Amérique latine! »

Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a souligné le départ d’une figure emblématique de la révolution cubaine et de l’Amérique latine, où il avait une grande influence sur le milieu des affaires.

Ses années au pouvoir ont laissé une marque indélébile sur Cuba et la politique du 20e siècle. Le secrétaire général souligne également dans son communiqué l'empreinte qu’il a laissée sur l’éducation, la santé et la littérature de son pays.

L'Europe salue l'héritage de Fidel

Réagissant à son tour au décès de l’ex-dirigeant communiste, le président français, François Hollande, a pressé le monde de lever tout embargo qui « pénalise » Cuba pour que « Cuba puisse être pleinement regardé comme un partenaire » par la communauté internationale.

François Hollande s'est exprimé par communiqué en rappelant que cet acteur de la guerre froide avait su représenter pour les Cubains « la fierté du rejet de la domination extérieure ». Il s'était entretenu avec Fidel Castro pour la dernière fois en mai 2015.

Il s'agit d'« un terme définitif à la guerre froide qui a tant divisé les populations au siècle dernier », a pour sa part estimé le premier ministre belge, Charles Michel.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a offert ses condoléances au gouvernement et aux autorités cubaines. Fidel Castro a été, selon lui, une figure « d'une énorme importance historique ».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a joint sa voix à celles des dirigeants du Vieux Continent. « Avec la mort de Fidel Castro, le monde perd un homme qui était pour beaucoup un héros. Il a changé le cours de l'histoire, et son influence s'est propagée bien au-delà. Il appartiendra à l'histoire de juger son héritage. »

Des réactions sont aussi venues d’Afrique. « Le président Castro s'est identifié à notre lutte contre l'apartheid. Il a convaincu le peuple cubain de se joindre à nous dans notre combat », a rappelé le chef d'État sud-africain, Jacob Zuma, dans un communiqué.

« Je vous fais part de mes sentiments de tristesse », a même ajouté le pape François dans un télégramme signé de sa main et transmis à Raul Castro. Il avait vu Fidel lors de sa visite à Cuba, en septembre 2015.

La légende argentine du football, Diego Maradona, a en outre salué le départ d’un « second père ». Les deux hommes entretenaient une relation privilégiée. « C'est une journée horrible. On m'a annoncé la mort de celui qui était le plus grand, sans aucun doute. Je suis terriblement triste », a-t-il expliqué.

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