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Les réfugiés palestiniens subissent les foudres de Washington

L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens traverse la plus grave crise financière de son histoire à la suite de la décision de l'administration Trump de geler plus de la moitié de ses versements à l'organisation.

Sur les 125 millions de dollars américains de contribution volontaire attendue pour 2018 par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Washington a confirmé l'octroi d'une « première tranche » de 60 millions pour payer notamment les salaires dans les écoles et le système de santé en Jordanie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a annoncé le département d'État américain.

Mais les États-Unis ont annoncé du même souffle que le pays « gelait » les 65 millions restants pour le moment.

Le commissaire général de l’UNRWA a donc lancé, mercredi, un appel aux dons à la communauté internationale.

Les Palestiniens, que l'annonce de la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël a déjà indignés, ont dénoncé la décision de Washington sur l'UNRWA, qui risque d'accentuer les difficultés dans la bande de Gaza, où l'organisation vient en aide à une bonne partie des deux millions d'habitants.

Washington avait prévenu le mois dernier que le vote à une écrasante majorité de l'Assemblée générale de l'ONU condamnant la décision de Trump sur Jérusalem ne resterait pas sans lendemain.

Le 2 janvier, le président Trump a accusé les Palestiniens de refuser de négocier avec Israël, et ce gel partiel est interprété comme une menace adressée par Donald Trump aux Palestiniens visant à faire revenir les dirigeants palestiniens à la table des négociations.

Le commissaire général de l'UNRWA, Pierre Krähenbühl, a déclaré qu'il lançait un appel aux dons d'argent et allait entamer une campagne internationale de levée de fonds destinée à maintenir ouvertes en 2018 et au-delà les écoles et les cliniques pour réfugiés que gère l'organisation.

Selon lui, 525 000 enfants fréquentant les 700 écoles de l'UNRWA risquent d'être affectés par la baisse des versements américains, tout comme l'accès des Palestiniens aux soins de santé de base.

« La diminution de la contribution [américaine] a aussi un impact sur la sécurité régionale, au moment où le Moyen-Orient est confronté à des menaces diverses, notamment celle d'une poursuite de la radicalisation », a dit Pierre Krähenbühl.

Le porte-parole de l'UNRWA Chris Gunness a affirmé mercredi que « la réduction drastique de la contribution [américaine] a pour effet la plus grave crise financière dans l'histoire de l'agence ».

Pour Hanan Achraoui, haute responsable de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), la Maison-Blanche « s'en prend au segment le plus vulnérable du peuple palestinien ».

Le président palestinien doit se rendre prochainement auprès de l'Union européenne à Bruxelles et pourrait à cette occasion demander une augmentation de l'aide européenne.

Selon des diplomates européens, ses chances d'obtenir une telle hausse sont limitées tandis que les pays du Golfe constituent une possible alternative.

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