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Les réfugiés passés par la Libye n'intéressent guère les pays d'accueil

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) peine à trouver des pays d'accueil pour des milliers de réfugiés qui ont transité par la Libye en tentant, en vain, de rejoindre l'Europe.

« Sur les 40 000 places demandées, environ 16 900 nous ont été promises, dont 7000 par les pays européens », a indiqué l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel. « Ce n’est pas assez. »

Les réfugiés visés par l’appel du HCR ont été évacués de centres de détention libyens, où ils ont vécu dans des conditions difficiles après un périple souvent long et dangereux entrepris dans l’espoir de traverser la mer Méditerranée pour aboutir en Europe.

En attendant d’être « réinstallés » dans un pays d’accueil, ils rongent leur frein dans des camps installés par l’agence dans 15 pays situés le long de ce que le HCR appelle « la route de la Méditerranée centrale ».

Il s’agit de l’Algérie, du Burkina Faso, du Cameroun, du Tchad, de Djibouti, de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Kenya, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Maroc, du Niger, du Soudan et de la Tunisie.

Protéger les plus vulnérables

L’appel du HCR vise plus spécifiquement les réfugiés considérés comme « les plus vulnérables » pour des raisons de santé ou parce qu’ils ont subi de la torture. Cela inclut aussi des femmes et des jeunes filles susceptibles d’être victimes de violences.

Le but du programme est d’éviter que ces réfugiés ne poursuivent leur périlleux périple par des voies illégales dangereuses et qu’ils ne risquent leur vie une nouvelle fois pour venir en Europe, expliquait une porte-parole du HCR, Céline Schmitt, dans une entrevue accordée à TV5 cet automne.

La « réinstallation » est un processus où les pays d’accueil doivent venir dans l’un ou l’autre des camps établis par le HCR afin de sélectionner ceux et celles qui pourront se voir offrir l’asile.

Selon M. Cochetel, les engagements d’un « certain nombre de pays » au sujet de réinstallations ne pourront être clarifiés qu’à l’issue de discussions sur la formation de coalitions politiques ». Il n’a pas nommé de pays précis, mais le cas de l’Allemagne, longtemps généreuse dans l’accueil de réfugiés, vient à l’esprit.

Depuis le début de 2018, 2380 personnes sont arrivées en Italie depuis la Libye, et 2000 autres s’y sont rendues en passant par le détroit de Gibraltar, qui sépare le Maroc de l’Espagne.

De nombreux réfugiés continuent par ailleurs de périr noyés dans les eaux de la Méditerranée. Selon les chiffres du HCR, il y en a eu 3119 l’an dernier, et 188 autres depuis le début de 2018.

« Ces chiffres ne sont que la face visible de l’iceberg, car le nombre de disparus sur la route passant par la Libye est sans doute bien supérieur », estime M. Cochetel.

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