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Les Rohingyas victimes d'une politique de la terre brûlée au Myanmar, selon l'ONU

Des attaques « bien organisées, coordonnées et systématiques » menées par l'armée birmane à l'endroit des Rohingyas visaient non seulement à les expulser du Myanmar, mais aussi « à les empêcher de revenir chez eux », affirme le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies.

Cette conclusion, consignée dans un rapport publié mercredi, repose sur 65 entrevues individuelles ou de groupe réalisées par des enquêteurs de l’ONU entre le 14 et le 24 septembre auprès de Rohingyas qui ont fui le Myanmar pour se réfugier au Bangladesh au cours des dernières semaines.

Le rapport fait état de militaires ouvrant le feu sans discrimination sur des membres de cette minorité musulmane vivant dans l’État de Rakhine, de viols collectifs commis sur des femmes et des fillettes, et de cas de torture. Des récoltes ont aussi été détruites et du bétail, massacré.

Les soldats birmans ont souvent agi « de concert avec des bouddhistes armés de l'État de Rakhine », précise l’agence onusienne.

Les enquêteurs de l’ONU mettent à mal la version officielle des autorités birmanes, qui font valoir que la campagne de répression de l’armée contre les Rohingyas visait uniquement à répondre aux attaques de certains activistes menées le 25 août.

« L’information que nous avons reçue montre que les forces de sécurité du Myanmar ont imposé de nouvelles restrictions concernant l’accès aux marchés, à des cliniques médicales, aux écoles et aux sites religieux, des jours, voire un mois, avant le 25 août », affirme une enquêteuse de l’ONU, Karin Friedrich.

« Des hommes rohingyas de 15 à 40 ans auraient alors été arrêtés par la police birmane » et détenus sans avoir été accusés de quoi que ce soit, ajoute-t-elle.

L’enquête conclut donc que cette campagne des forces de sécurité birmanes visait à « instiller une crainte profonde et massive » dans la population rohingya, et à rendre son retour à une vie normale « pratiquement impossible ».

Le chercheur Thomas Hunecke affirme en outre que l’ONU dispose d’informations « très crédibles » selon lesquelles l’armée birmane a enterré des mines le long de sa frontière avec le Bangladesh. « Il est hautement probable que ces mines ont été enterrées afin d’empêcher les Rohingyas de revenir », a-t-il dit.

Près de 520 000 Rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août pour se réfugier au Bangladesh, où ils vivent dans des conditions extrêmement précaires, et dépendent de l’aide internationale pour leur subsistance. Le pays en accueille maintenant environ 800 000, en incluant ceux qui s’y étaient déjà réfugiés auparavant.

Le mois dernier, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait soutenu que les Rohingyas étaient victimes d'une « opération militaire cruelle » qui « ressemble à un exemple classique de nettoyage ethnique ».

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