Il est au pouvoir depuis un peu plus d'un mois et son administration se caractérise essentiellement par une sorte de fusion entre le chaos et un contrôle absolu de la Maison-Blanche sur un message qui n'a qu'un seul messager : Donald Trump.

Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi infoMais que veut accomplir Trump? On commence à voir assez clairement trois objectifs. Le premier est de discréditer tous ceux qui pourraient le contredire. Le second est de « déconstruire l’État administratif », comme l’a déjà affirmé son stratège en chef, Steve Bannon. Et enfin, Trump doit se donner une base politique bien à lui.

Les trois objectifs étaient clairement en évidence cette semaine à la conférence du Conservative Political Action Committee (CPAC), la grand-messe du mouvement conservateur américain. Une célébration où Trump a longtemps été considéré soit comme un imposteur, soit comme un faux conservateur.

Le discrédit que la Maison-Blanche veut jeter sur la presse est évident. Mais la presse n’est pas la seule institution dans son collimateur.

Le général Michael Hayden, qui a été nommé à la tête de la CIA par le président George W. Bush, était particulièrement éclairant à ce sujet dans une récente entrevue : « C’est un effort systématique pour invalider et discréditer toutes les institutions, gouvernementales et non gouvernementales, qui établissent une base factuelle pour l’action. Ainsi, ils ne pourront réagir à ses décisions arbitraires. »

Les institutions dont il parle sont les tribunaux, les agences de renseignement et, du côté non gouvernemental, les médias. Des institutions que M. Trump a ouvertement dénigrées chaque fois qu’elles ont contesté sa version des faits… même s’ils sont parfois « alternatifs » pour reprendre l’expression popularisée par sa conseillère Kellyanne Conway.

Quand des juges se sont opposés à ses décrets sur l’immigration, ils sont devenus des « soi-disant juges ». Quand les agences de renseignement ont validé le fait que la Russie a tenté d’influencer l’élection de novembre dernier, il les a comparées à « l’Allemagne nazie ».

Quant aux médias, ils font de « fausses nouvelles » dès qu’ils ne répètent pas fidèlement ce que dit la Maison-Blanche. Ou, pis encore, quand ils utilisent des sources anonymes pour rapporter ce qui s’y passe vraiment.La fureur renouvelée de M. Trump, depuis quelques jours, touche cette fois les médias qui ont rapporté que le FBI enquêtait sur les liens possibles entre la campagne de Trump et la Russie pendant la campagne électorale. Ces médias ont également révélé que l’administration Trump a demandé au FBI de nier que de tels liens existaient, ce que le service fédéral de police a refusé.

Il est vrai que rien ne pourrait faire plus mal au président Trump qu’une preuve que sa campagne a été aidée par un pays étranger.

La déconstruction de l’État

La « déconstruction de l’État administratif » est un objectif officiel de l’administration Trump, a dit Steve Bannon. L’État administratif, c’est la manière dont la gauche contrôle le gouvernement même quand elle n’est pas au pouvoir : à défaut de pouvoir passer des lois, elle adopte des règlements dans une agence ou une autre.

C’est pourquoi des ministres ont été « nommés pour une raison, et c’est la déconstruction ». Bref, des ministres qui ont déjà expliqué qu’ils pensent que leur ministère devrait être aboli. C’est le cas, entre autres, pour les secrétaires à l’Éducation, à l’Énergie et au Logement et pour le chef de l’agence de protection de l’environnement.

Une base politique pour Trump

Finalement, le troisième objectif de Trump est de se constituer une base politique. Le président est encore une sorte d’électron libre pour le mouvement conservateur et le Parti républicain.

Déjà, des sénateurs républicains influents comme John McCain et Lindsey Graham sont presque en opposition perpétuelle avec la Maison-Blanche. D’autres, comme les leaders républicains à la Chambre et au Sénat ont des réserves qu’ils expriment régulièrement.

Cette semaine, le président a donc voulu montrer aux conservateurs du CPAC qu’il est l’un des leurs. Il a violemment attaqué les médias – ce qui est toujours très populaire chez les plus conservateurs. Il leur a donné raison sur une question de conservatisme social – l’utilisation des toilettes par les transgenres – même s’il avait dit pendant la campagne que cela ne le dérangeait aucunement.

Et son secrétaire de presse a exclu des médias comme le New York Times et CNN d’un gaggle – un petit point de presse sans caméras – pour faire de la place aux médias favoris de la droite : Breitbart News, One America News, etc. Voilà qui va faire très plaisir à la base conservatrice.

Et on sait maintenant que satisfaire cette base est une des priorités politiques de Donald Trump.

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