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Loi travail en France : la contestation mène à une pénurie d'essence

Le bras de fer concernant la réforme du Code du travail en France s'est durci mardi, avec d'un côté le plus grand syndicat qui encourage la grève dans les raffineries et d'autres secteurs, et de l'autre côté, le gouvernement qui promet le déblocage des dépôts pétroliers.

Environ 20 % des stations d'essence sur les 12 000 que compte la France sont touchées par la pénurie de carburant, selon le ministre d'État aux Transports, Alain Vidalies.

« Ces trois derniers jours, nous avons [...] battu tous les records de consommation, c'est-à-dire que nous sommes avec 500 % d'augmentation dans certains secteurs parce qu'il y a de la précaution », a déclaré le ministre Vidalies en période de questions à l'Assemblée nationale, avant d'ajouter que « la situation est stabilisée ».

Ce sont maintenant l'ensemble des huit raffineries de France qui ont voté la grève, a indiqué à Reuters le secrétaire fédéral de la branche pétrole de la confédération syndicale CGT, Emmanuel Lépine.

La pétrolière Total a précisé en mi-journée que la production était arrêtée dans deux de ses raffineries, qu'elle le sera dans une autre en région parisienne, que « quelques unités » sont en cours d'arrêt dans une quatrième et qu'une cinquième est passée en « débit réduit ».

Du côté d'Exxon Mobil France, aucune raffinerie n'est à l'arrêt, mais « les chargements sont bloqués à celle de Fos-sur-Mer », a dit à Reuters la porte-parole Catherine Brun. Au petit matin, des manifestants qui bloquaient l'accès au site de Fos-sur-Mer avaient été délogés par les forces de l'ordre.

L'aviation, le métro et le train aussi

En plus des raffineries, trois syndicats de l'aviation civile, dont le USAC-GT, majoritaire, menacent de débrayer du 3 au 5 juin afin de défendre leurs conditions de travail et d'exiger le retrait de la loi Travail.

Pour leur part, les conducteurs du métro et les cheminots pourraient eux aussi se mettre en grève.

Par ailleurs, la CGT encourage les travailleurs portuaires à prolonger d'un jour leur grève prévue pour jeudi, en réponse à l'intervention policière survenue à Fos-sur-Mer.

En outre, le personnel des terminaux pétroliers du Havre, qui gère 40 % des importations en France, a voté la grève à compter de mardi soir.

Radicalisation de la CGT, selon Valls

Le ministre Alain Vidalies et le premier ministre Manuel Valls ont assuré que le gouvernement s'engageait à « libérer » l'ensemble des dépôts pétroliers. « La radicalisation de la CGT [...] pose incontestablement un problème », a déclaré le premier ministre Valls, en déplacement au Proche-Orient.

Lundi, la Fédération nationale du transport routier (FNTR), l'Union des entreprises de transport et de logistique de France (TLF) et l'Unostra ont estimé que leur marge de manœuvre oscille entre seulement 24 et 72 heures, selon les régions. Dans un communiqué, les trois regroupements professionnels ont demandé une « action urgente » contre une situation qui « se dégrade à une vitesse folle ».

De son côté, le numéro deux de Total, Philippe Sauquet, menace dans un courriel à ses cadres de revoir des projets de raffinage et de chimie en France en cas d'arrêt de ses installations.

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