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Luisa Ortega dénonce « la mort du droit » au Venezuela

L'ex-procureure générale du Venezuela, qui a fui Caracas en douce vendredi dernier, est arrivée mercredi à une réunion du Mercosur, à Brasilia, avec des déclarations fracassantes : Luisa Ortega dit détenir « beaucoup de preuves » de l'implication du président vénézuélien Nicolas Maduro dans des scandales de corruption.

De plus, Mme Ortega affirme que sa vie est en danger.

« J'ai reçu des menaces sur ma vie et je [tiendrais] le gouvernement vénézuélien pour responsable si quelque chose devait arriver », a-t-elle affirmé lors de la conférence des procureurs des pays membres du Mercosur, le marché commun sud-américain.

Luisa Ortega, 59 ans, s'était enfuie du Venezuela vendredi dernier en compagnie de son mari, German Ferrer, un député passé dans l'opposition au président Maduro. À partir d'Aruba, elle s'est réfugiée en Colombie, où le gouvernement l'a assurée de sa « protection ».

En vue de la rencontre du Mercosur, elle est arrivée tard mardi au Brésil, qui a déployé autour d'elle un « important dispositif de sécurité », selon le quotidien brésilien O Globo. Et, quelques heures plus tard, elle s'est attelée à dénoncer la situation de son pays. « Ce qui se passe au Venezuela, c'est la mort du droit, a déclaré Luisa Ortega. La stabilité de la région est en danger. »

« Un viol institutionnel », selon le procureur du Brésil

Le procureur général du Brésil, Rodrigo Jano, a déclaré pour sa part que l'éviction de Luisa Ortega, le 5 août dernier, était « un viol institutionnel » qui érode l'indépendance du système de justice du Venezuela. La destitution de la procureure avait été ordonnée par la toute nouvelle Assemblée constituante du pays, acquise au président Maduro.

Au Venezuela, seul le Parlement est contrôlé par l'opposition. Or, depuis vendredi dernier, cette institution a vu l'essentiel de ses pouvoirs passer aux mains des membres de l'Assemblée constituante.

Le président du Venezuela a annoncé mardi qu'il réclamerait l'arrestation de Luisa Ortega par l'entremise d'Interpol. Le président Maduro accuse l'ex-procureure d'avoir bloqué des enquêtes qu'il avait lui-même ordonnées, sur des cas présumés de corruption. Il l'accuse aussi de conspirer avec Washington dans le but de nuire à son administration. Nicolas Maduro se targue par ailleurs de bénéficier du soutien « plein, total et absolu » de Moscou.

C'est Hugo Chavez qui avait désigné Nicolas Maduro comme son successeur à la tête du pays. Chavez a succombé à un cancer en 2013.

Un pays qui souffre sur les plans politique et économique

Cette querelle s'inscrit dans le contexte troublé qui est celui du Venezuela, particulièrement depuis le début du mois d'avril, où des manifestations en opposition au président Maduro s'étaient soldées par un bilan de 125 morts. L'économie en piètre état de ce pays - pourtant riche en pétrole - est marquée par des pénuries de nourriture et de médicaments, de même que par une inflation galopante et une criminalité en hausse.

Pendant que Luisa Ortega se dit victime de « persécution politique », d'autres personnalités vénézuéliennes tentent de se mettre à l'abri de l'administration Maduro. En effet, le Chili dit avoir octroyé l'asile diplomatique à quatre juges et à un politicien membre de l'opposition qui se sont réfugiés dans la résidence de son ambassadeur, à Caracas.

Le Canada, à l'instar de 11 pays d'Amérique latine, des États-Unis, des Nations unies et de l'Union européenne, a condamné « la rupture démocratique » qui s'opère au Venezuela.

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