Retour

Macron accumule les appuis, Le Pen quitte temporairement la direction du FN

Les principaux partis en France se rallient au centriste Emmanuel Macron, même si ce nouveau venu a contribué à leur échec au premier tour de la présidentielle. Ils espèrent qu'il bloquera l'entrée à l'Élysée de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, qui a annoncé lundi qu'elle se retirait temporairement de la direction du FN.

Les appuis à M. Macron se sont multipliés, lundi, au lendemain du premier tour, venant de l'Union européenne, de la chancelière allemande, Angela Merkel, et de groupes juifs et musulmans troublés par la vision anti-immigration de Mme Le Pen.

Les sondages placent M. Macron comme favori dans son duel contre Mme Le Pen au deuxième tour, dans 15 jours. Il n'y a toutefois pas de garantie que les Français se rassembleront pour bloquer Mme Le Pen de la même manière qu'ils l'avaient fait contre son père, Jean-Marie Le Pen, lors de la présidentielle en 2002.

Dans un discours solennel à l'Élysée, le président français, François Hollande, a annoncé qu'il voterait pour M. Macron, son ancien ministre de l'Économie, car selon lui, Mme Le Pen représente « le danger de l'isolement de la France, mais aussi de la rupture avec l'Union européenne ».

De son côté, Mme Le Pen espère s'assurer l'appui d'électeurs opposés à son parti, le Front national (FN), associé depuis longtemps au racisme et à l'antisémitisme.

Lundi, elle a pris une décision en ce sens, annonçant qu'elle se retirait temporairement de la direction du FN, pour offrir en principe une candidature indépendante au deuxième tour de la présidentielle, le 7 mai.

« Ce soir, je ne suis plus la présidente du FN, je suis la candidate à la présidentielle », a-t-elle déclaré à la télévision publique, ajoutant vouloir être « au-dessus des considérations partisanes ».

Les responsables du FN ont fait valoir qu'un vote pour Marine Le Pen serait un geste naturel pour les électeurs qui en ont assez du statu quo.

Mme Le Pen n'a pas tardé à ouvrir les hostilités, lundi, contre M. Macron, parlant d'un « européiste radical et hystérique », favorable à une ouverture totale des frontières et négateur de la culture française.

Le directeur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boukabeur, a demandé aux quelque cinq millions de musulmans de France de voter pour M. Macron, dont la victoire au premier tour a été saluée par le président du Parlement européen, le président de la Commission européenne et le ministre allemand des Affaires étrangères.

Les résultats finaux du premier tour montrent que M. Macron a obtenu près d'un million de voix de plus que Mme Le Pen. Le nouveau venu à la tête du mouvement En marche a recueilli 8,66 millions de voix, soit 24,01 % des suffrages, tandis que la présidente du Front national et fille de son fondateur a recueilli 7,68 millions de voix, soit 21,30 % des suffrages, selon les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur.

Pour Mme Le Pen, il s'agit du meilleur résultat obtenu par une personne candidate du Front national lors d'une élection présidentielle.

Le candidat de la droite traditionnelle, François Fillon, a obtenu 20,01 % des voix, et Jean-Luc Mélenchon, représentant de la gauche radicale, en a recueilli 19,58 %. Quant à Benoît Hamon, du Parti socialiste, il est arrivé au cinquième rang, avec 6,36 % des voix.

Le taux de participation s'est établi à 77,77 %, le plus bas lors d'une élection présidentielle française en 15 ans.

Plus d'articles

Commentaires