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Macron croit que Trump va se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien

Emmanuel Macron ne croit pas avoir réussi à persuader Donald Trump de préserver l'accord sur le nucléaire iranien malgré les nombreuses discussions que les deux hommes ont eues à ce sujet cette semaine.

Lors de sa visite officielle aux États-Unis cette semaine, le président français a cherché à convaincre son homologue américain de ne pas quitter cet accord, mais plutôt d’y adjoindre un nouvel accord « plus large ».

En conférence de presse mercredi soir, M. Macron a admis à demi-mots qu’il s’attend à ce que M. Trump se retire de cet accord d’ici le 12 mai, tel qu’il a souvent menacé de le faire.

« Je n'ai aucune information d'initié pour savoir ce que le président américain va décider », a-t-il dit. « Mais il m'a semblé constamment entendre depuis la campagne du président Trump jusqu'à la déclaration faite hier qu'il n'avait pas une volonté farouche de le maintenir ou de le défendre ».

Dire que le président américain n’a pas la « volonté farouche de maintenir ou défendre l’accord » relève de l’euphémisme diplomatique. Depuis sa campagne électorale, Donald Trump a constamment dénoncé cet accord dans des termes sans équivoque. Cette semaine encore, il a utilisé les termes « désastre », « dément » et « ridicule » pour le qualifier.

Même si le président reconnaît périodiquement que la République islamique respecte les termes de cette entente âprement négociée, il le juge insuffisant, notamment parce qu’il n’endigue en rien son programme de missiles balistiques.

Interrogé sur le fait que le retrait des Américains de l’accord constituerait un échec pour lui, M. Macron s’est défendu.

« Mon action n'est pas de faire revenir le président Trump sur les engagements qu’il prend chaque jour, je ne suis ni Sisyphe ni Sacher Masoch », a-t-il laissé tomber, en rappelant que son objectif demeure d’empêcher « une escalade de tension inconsidérée » dans la région.

Au cours de ses discussions avec le président Trump, M. Macron a avancé l’idée de préserver l'accord d'origine, qui deviendrait le premier des « quatre piliers » d'un futur texte « plus large ».

Les autres « piliers » concernent ce qui arrivera après 2025, lorsque certaines clauses de l’accord concernant les activités nucléaires vont expirer, mais aussi les missiles balistiques et son rôle jugé « déstabilisateur » dans la région.

« Pour moi c'est un progrès, cela évite de tomber dans l'inconnu complet si la décision américaine est une sortie sèche », a fait valoir M. Macron.

Une proposition avancée au nom de l'Europe

Le président français a par ailleurs confirmé que cette proposition s’inscrit dans « une stratégie coordonnée avec [ses] partenaires européens », et ne constitue pas une initiative personnelle.

M. Macron a aussi souligné qu’il est « normal que les pays qui soutiennent l'Iran réagissent négativement » à sa proposition, dans une référence voilée à la Russie. Selon le Kremlin, « il n’y a pas d’autre alternative » à l’accord actuel.

« Il n'en demeure pas moins qu'il y a une incertitude qui existe sur l'accord, elle n'est pas dans nos mains et n'est dans les mains d'aucun » des pays qui ont émis des réserves ou exprimé un rejet, a-t-il déclaré.

« Je ne suis pas en train de dire : "c'est une formidable idée et tout le monde doit se ranger derrière". Je suis simplement en train de dire : "qu'est ce qu'on propose d'autre?" »

L'Iran refuse tout amendement

Téhéran refusera tout amendement à l'accord sur le nucléaire iranien, a pour sa part prévenu Ali Akbar Velayati, proche conseiller du guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a déclaré en fin de semaine que son pays reprendra « vigoureusement » l'enrichissement d'uranium si Washington rompt l'entente actuelle.

L’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec Téhéran a été signé par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Allemagne. Il a limité le programme iranien à des usages civils en échange d’une levée progressive des sanctions économiques prises à son encontre.

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