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Macron réaffirme la responsabilité de la France dans la rafle du Vél' d'Hiv'

La France commémore ce 16 juillet l'arrestation, il y a 75 ans, de plus de 13 000 hommes, femmes et enfants juifs, par la police française à Paris et dans sa banlieue, qui ont été parqués dans le Vélodrome d'Hiver avant d'être envoyés dans des camps nazis.

Emmanuel Macron a mis ses pas dans les pas de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande dimanche, en réaffirmant la responsabilité de la France dans la rafle du Vél' d'Hiv' de 1942 et a fustigé sans la nommer Marine Le Pen, pour ses récents « accommodements » sur cette page de l'histoire de France.

« Si je suis ici parmi vous en ce jour sombre et solennel, c'est pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac, à qui je veux tout particulièrement rendre hommage aujourd'hui », a déclaré le président français lors de la cérémonie de commémoration, qui se tenait au quai de Grenelle, à Paris.

« Récemment encore, ce que nous croyions établi par les autorités de la République sans distinction partisane, avéré par tous les historiens, s'est trouvé contesté par des responsables politiques français prêts à faire reculer la vérité. C'est faire beaucoup d'honneur à ces faussaires que de leur répondre. Mais se taire serait pire » a ajouté Emmanuel Macron.

Le 16 juillet 1942 et les jours suivants, à la demande des Allemands, plus de 13 000 Juifs de la région parisienne ont été extirpés de leur domicile et entassés dans des autobus sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy. Ils ont été menés au Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés vers des camps, dont Auschwitz. Moins d'une centaine des personnes arrêtées sont restées en vie et aucun enfant n'a survécu.

L’État français a longtemps refusé de reconnaître toute responsabilité dans la déportation des Juifs. C’est en 1995 que le président Jacques Chirac reconnaît pour la première fois la part du gouvernement dans ce drame, une position depuis reprise par ses successeurs.

La réaffirmation de cette position adoptée depuis 22 ans était attendue de la part d'Emmanuel Macron, qui pendant la campagne électorale avait appelé à regarder le « passé en face » et avait salué les « propos courageux » de Jacques Chirac sur « l'irréparable » commis par la France.

Il s'était notamment élevé contre les propos tenus par la présidente du Front national Marine Le Pen, qui a rejeté toute responsabilité de la France dans la rafle du Vél' d'Hiv'.

L'ancienne candidate à la présidentielle avait justifié sa position en se référant « à l’ordonnance du 9 août 1944 qui a frappé d'inexistence juridique le régime de Vichy, régime collaborateur et illégal ».

« Je récuse les accommodements et les subtilités de ceux qui prétendent aujourd'hui que Vichy n'était pas la France, car Vichy, ce n'était certes pas tous les Français, mais c'était le gouvernement et l'administration de la France », a pour sa part soutenu le dirigeant français.

Une présence historique d'Israël

Également présent à la cérémonie, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a rendu hommage aux « frères et soeurs assassinés uniquement parce qu'ils étaient juifs » et aux Français qui, « au péril de leur vie, ont sauvé leurs compatriotes juifs ».

C'est la première fois qu'un premier ministre israélien participe à cette cérémonie, rappelant l'un des épisodes les plus noirs de l'histoire française.

La venue du dirigeant a suscité plusieurs critiques, certains y voyant une « instrumentalisation » des Juifs français.

À ses côtés, Emmanuel Macron a assuré que la France continuerait, avec Israël, à mener la lutte « contre le terrorisme obscur et le pire des fanatismes ».

« Nous ne céderons rien aux messages de haine, à l'antisionisme, parce qu'il est la forme réinventée de l'antisémitisme et nous ne céderons rien à tous ceux qui (...) cherchent à recréer les divisions », a-t-il assuré.

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