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Madrid dit non à la demande de médiation de la Catalogne

Sans prononcer une seule fois le mot « indépendance », le président catalan Carles Puigdemont a prononcé une allocution télévisée très attendue, mercredi, dans laquelle il a de nouveau appelé le gouvernement central de l'Espagne à une médiation extérieure. Ce à quoi Madrid a fermement dit non.

Plus tôt mercredi, Madrid avait refusé une autre offre de médiation, provenant celle-là du parti d'extrême gauche Podemos.

« Ce n'est pas négociable. On ne peut pas traiter avec des gens qui veulent exercer un chantage aussi brutal sur l'État », avait-on affirmé de source gouvernementale à Madrid.

Il s'agit d'un nouvel épisode dans cette crise politique, la pire à avoir secoué l'Espagne depuis des décennies.

Cet appel à la médiation n'était pas le premier que formulait Carles Puigdemont. Il en avait fait un semblable lundi, au lendemain du référendum dont Madrid ne cesse de clamer l'illégalité.

Selon les autorités catalanes, quelque 2,26 millions d'électeurs sont parvenus à voter dimanche dernier, et 90 % auraient dit oui à l'indépendance.

Mardi, en entrevue à la BBC, M. Puigdemont avait déclaré que la proclamation de l'indépendance se ferait d'ici une semaine, tout au plus.

Mais dans son allocution faite à partir de la Generalitat, à Barcelone, mercredi, le président indépendantiste n'a pas évoqué cette perspective, se contentant de dire que les institutions de la Catalogne devront mettre en application les résultats du référendum d'autodétermination.

Des reproches au roi d'Espagne

Dans son allocution télévisée, Carles Puigdemont a reproché au roi d'Espagne d'avoir « délibérément ignoré » des millions de Catalans indépendantistes, lors de son discours solennel prononcé mardi.

Ce jour-là, 700 000 Catalans étaient descendus dans les rues de Barcelone pour protester contre la répression policière exercée lors du référendum.

Le roi Felipe VI a déploré l'attitude « irresponsable » des dirigeants sécessionnistes catalans, qu'il a accusés d'avoir divisé la société catalane et « bafoué [...] le système de règles approuvées par la loi, démontrant une déloyauté inadmissible envers les pouvoirs de l'État ».

Aux yeux de M. Puigdemont, « le roi adopte le discours et les politiques du gouvernement Rajoy qui ont été catastrophiques pour la Catalogne ».

Une suite d'« erreurs » qui renforcent les Catalans

En vertu de la constitution espagnole, le gouvernement central pourrait prendre le contrôle de la région autonome qu'est la Catalogne.

À la BBC, le président catalan a déclaré que Madrid commettrait ainsi « une erreur décisive » qui ne ferait que renforcer la volonté des Catalans de proclamer leur indépendance.

« Ce sera une autre erreur dans une longue liste d'erreurs, a prévenu Carles Puigdemont. Et chacune de ces erreurs nous a rendus plus forts. »

Mercredi, une élue du parti indépendantiste Candidature d'unité populaire (CUP), Mireia Boya, a assuré sur Twitter que la Catalogne déclarerait son indépendance lundi, lorsque le Parlement régional se réunira pour examiner le résultat du référendum.

« Nous savons qu'il y aura des exclusions, des arrestations. Mais nous sommes prêts et rien ne nous arrêtera », a-t-elle écrit.

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