Retour

Malaisie : le parti au pouvoir depuis 60 ans perd les élections législatives

L'alliance d'opposition malaise conduite par l'ancien premier ministre Mahathir Mohamad, 92 ans, a remporté les élections législatives, indiquent les chiffres officiels, ce qui met un terme à 60 ans de pouvoir du parti Barisan Nasional (BN), qui dirige la Malaisie depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1957.

Ces résultats de la commission électorale montrent que l'alliance d'opposition, Pakatan Harapan (Alliance de l'espoir), avec un parti allié dans l'État de Sabah, à Bornéo, a remporté 115 sièges sur 222 contre la coalition gouvernementale du premier ministre Najib Razak, englué dans un énorme scandale financier depuis 2015.

Grâce à des électeurs de plus en plus désabusés par les politiques qui sèment la division entre les groupes ethniques qui composent le pays, l'augmentation du coût de la vie et les scandales de corruption, Mahathir Mohamad a donc gagné son pari.

Pour arriver à gagner le vote des électeurs, l’ancien dirigeant s’est allié avec des partis qui lui étaient opposés du temps où il était au pouvoir (1981-2003), en particulier avec un dirigeant de l'opposition emprisonné, Anwar Ibrahim, ex-ennemi juré du nonagénaire.

Un scandale impliquant des milliards de dollars

Le scandale impliquant le premier ministre Najib Razak et son parti tourne autour de la disparition d’environ 5 milliards de dollars des caisses de la société publique 1Malaysia Development Berhad (1MDB).

Créé en 2009 à l’arrivée au pouvoir de Najib Razak afin de moderniser le pays, ce fonds est maintenant endetté à hauteur de 15 milliards de dollars.

Selon le Wall Street Journal et le Sarawak Report, un site d’investigation basé à Londres, Najib Razak aurait notamment reçu sur ses comptes personnels l’équivalent de 876 millions de dollars en mars 2013, alors qu’il était en difficulté pour sa réélection, d’une société enregistrée dans les îles Vierges britanniques par l’intermédiaire d’une banque suisse appartenant à un fonds d’Abou Dhabi.

Le scandale fait l'objet d'enquêtes dans plusieurs pays, notamment en Suisse, à Singapour et aux États-Unis.

Le premier ministre a cependant toujours nié tout acte répréhensible, cherchant à se maintenir au pouvoir.

Mais le retour surprise sur le devant de la scène politique du charismatique ex-premier ministre Mahathir Mohamad a bouleversé la donne.

Des partisans de l'opposition et des représentants de la société civile ont d’ailleurs dénoncé lors de la campagne électorale des tentatives de triche de la part de la coalition au pouvoir, affirmant que des millions d'électeurs sans adresse et même des personnes décédées étaient apparus sur les listes électorales, à la suite d'un redécoupage électoral en mars, favorable à la coalition gouvernementale.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Perroquet qui chante