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Manifestation monstre pour l'indépendance de la Catalogne

Des milliers de personnes ont pris d'assaut les rues de Barcelone, lundi après-midi, drapeaux jaune et rouge au vent pour revendiquer l'indépendance de la Catalogne après que Madrid eut annoncé qu'il ne reconnaîtrait pas le référendum d'autodétermination.

« Adieu l’Espagne! », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, dont le nombre a été estimé à des dizaines de milliers dès le coup d’envoi de la marche. Selon l’Assemblée nationale catalane (ANC), principale association derrière ce rassemblement, plus de 450 000 personnes s’étaient engagées à y prendre part.Organisée le 11 septembre à l’occasion de La Diada, fête nationale de la Catalogne, la manifestation tombe trois semaines avant le référendum d’autodétermination, convoqué unilatéralement par le gouvernement catalan, qui doit avoir lieu le 1er octobre. Le président espagnol Mariano Rajoy l'a toutefois déclaré illégal.

Sensibles au mouvement indépendantiste qui ne cesse de prendre de l'ampleur depuis 2012, de nombreux jeunes sont venus crier des slogans dans les rues de la capitale catalane.« Le temps passe, et les gens se rendent de plus en plus compte que rester en Espagne nous porte préjudice », assure Anne Comellas, qui en est à sa cinquième « Diada » à l’âge de 20 ans.

Venus en grand nombre, les manifestants ont espoir que cette « Diada » soit la dernière avant que le « oui » l’emporte au référendum.

Un référendum à tout prix

Sourd aux revendications répétées du gouvernement de la Catalogne, Madrid a tenté à maintes reprises de mettre des bâtons dans les roues des militants catalans.

Le gouvernement central a annoncé l'ouverture d'une enquête visant le président catalan Carles Puigdemont et les membres de son gouvernement. La justice a indiqué qu’elle tente de déterminer s’ils ont commis des délits de « désobéissance », de « prévarication » et de « malversation de deniers publics ».

En juillet, le gouvernement espagnol avait aussi menacé la Catalogne de lui couper les lignes de crédit si les séparatistes continuaient à utiliser ces fonds pour l'organisation du référendum d'autodéterination.

« Il reste vingt jours et la mobilisation qui a motivé ce processus est intacte », a déclaré lundi M. Puigdemont. « Ne pas réaliser le référendum n’est pas une option pour nous », peu importe les risques judiciaires, a-t-il affirmé.

Malgré tout, une majorité de maires de la Catalogne ont indiqué qu’ils permettraient aux électeurs de voter dans les bureaux municipaux.La mairesse de Barcelone, Ada Colau, a fait savoir lundi qu’elle ferait tout en son pouvoir pour que le vote ait lieu tel que prévu.

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