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Manifestations violentes et négociations difficiles au G20

Alors que les heurts entre policiers et manifestants se sont succédé en marge du Sommet du G20 à Hambourg en Allemagne, les dirigeants des pays les plus riches s'apprêtent à vivre une longue nuit de négociations pour parvenir à un communiqué final conjoint sur le climat et le commerce, pommes de discorde avec les États-Unis.

Selon le dernier bilan officiel, 196 policiers ont été blessés dans des affrontements avec les manifestants depuis jeudi. Près de 70 personnes ont été interpellées, dont 15 placées en garde à vue.

Un policier, pris à partie par plusieurs personnes, a même effectué un « tir de sommation », avant de prendre la fuite, selon les autorités.

La police de Hambourg a dû demander des renforts pour faire face à la situation, malgré les quelque 20 000 agents déjà mobilisés dans la ville.

Le ministre de l’Intérieur de Hambourg, Andy Grote, a dénoncé une « violence radicale, insensée et aveugle ».

Selon la police, l’essentiel de ces violences est l’œuvre de « Black Blocs ».

Ces groupuscules empruntent des tactiques au mouvement autonome allemand des années 1980.

Selon le renseignement allemand, ces manifestants masqués infiltrent les rassemblements contre le G20 pour provoquer des affrontements avec la police.

Pendant ce temps, des centaines de cyclistes ont protesté pacifiquement dans les rues de Hambourg.

Cette manifestation appelée « colorful mass » avait pour but de dénoncer les émissions de gaz à effet de serre et la pollution causée par les voitures.

Un quartier en état de siège

Dès la matinée, des manifestants ont utilisé les carrefours stratégiques sur la route menant à la zone protégée de 38 km2 où se tient le sommet, pour ralentir les cortèges des divers pays qui s’y rendaient.

Chaque fois, les policiers dégageaient l’intersection à l’aide de canons à eau. Répliquant par des jets de peinture noire, les manifestants étaient ensuite dispersés au moyen de gaz lacrymogènes.

L'épouse du président américain, Melania Trump, a dû rester une bonne partie de la journée dans sa résidence en raison des affrontements aux alentours.

« Elle n'a pas pu participer au programme des épouses [des dirigeants du G20] aujourd'hui, un programme dont elle se réjouissait à l'avance », a indiqué sa porte-parole, Stephanie Grisham.

Les pneus de véhicules de la délégation canadienne ont été crevés, selon les forces de l'ordre. Des manifestants ont aussi incendié des voitures de la police allemande.

Terrorisme, commerce et climat

Les leaders des 20 pays se sont engagés vendredi à lutter contre le financement du terrorisme et sa propagande.

Ce point est un des rares à faire l’unanimité à ce sommet marqué par les divergences sur le commerce et de le climat.

Les dirigeants se sont en effet entendus sur 21 points afin de dénoncer le « fléau » du terrorisme et soutenir le Groupe d'action financière (GAFI), un organisme intergouvernemental créé en 1989 qui publie des recommandations régulières pour ses 37 membres sur les manières de lutter contre la criminalité financière et le financement du terrorisme.

Cette déclaration appelle « à travailler avec le secteur privé, en particulier avec les fournisseurs de services de communication », afin de combattre la propagande en ligne et la radicalisation.

Les pays du G20 doivent maintenant trouver un consensus sur le communiqué final.

Selon une source proche des négociations, un passage favorable aux énergies fossiles est source de discorde.

Dans une copie du projet obtenu par l’AFP, les dirigeants des 20 pays entendent constater l’isolement des États-Unis sur la question climatique, alors que les 19 autres États s’entendent pour appliquer l’Accord de Paris signé en 2015 dans la capitale française.

« Nous prenons note de la décision des États-Unis de se retirer de l'Accord de Paris », déclare ce texte, qui ajoute que les dirigeants des autres pays considèrent cet accord de lutte contre le réchauffement de la planète comme « irréversible ».

En approuvant le projet de communiqué, les dirigeants des 19 autres pays signifieraient aux États-Unis qu’une renégociation de l’Accord de Paris est exclue.

Les pourparlers sont également tendus concernant le libre marché.

« Sur le commerce, pratiquement tout le monde croit en la nécessité d'un commerce libre mais aussi équitable. Cependant, je peux avancer qu'en ce qui concerne le commerce dans le communiqué, les sherpas ont encore beaucoup de travail devant eux cette nuit », a dit la chancelière allemande Angela Merkel.

« J'espère qu'ils pourront nous apporter un bon résultat cette nuit. Mais là, les discussions sont très difficiles », a-t-elle ajouté.

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