Retour

Marchés aux esclaves en Libye : Amnistie accuse l'Europe et l'Italie d'être complices

Amnistie internationale accuse l'Italie et plus largement les Européens de « complicité » dans les abus subis par les migrants en Libye. Dans un rapport publié mardi, Amnistie affirme que des gouvernements européens se rendent « complices » des abus aux migrants en Libye par leur soutien aux autorités qui coopèrent avec des réseaux de trafiquants.

« Des gouvernements européens n'ont pas pleinement conscience de ces atteintes; en soutenant activement les autorités libyennes dans leur travail visant à stopper les traversées de la Méditerranée et à retenir ces gens en Libye, ils sont complices de ces crimes », affirme John Dalhuisen, directeur pour l'Europe d'Amnistie internationale.

« Depuis la fin de 2016, les États membres de l'UE [...] ont mis en oeuvre une série de mesures visant à fermer la route migratoire via la Libye et la Méditerranée centrale, sans se soucier des conséquences », résume l'ONG.

En conséquence, « des dizaines de milliers de personnes sont détenues indéfiniment dans des centres de détention surpeuplés où elles subissent des sévices systématiques », poursuit John Dalhuisen, le directeur d'Amnistie pour l'Europe.

Le renforcement par Rome de ses accords de coopération avec Tripoli a fait en sorte que le nombre de migrants débarqués en Italie a baissé de plus de 65 % dans les six derniers mois.

L'Italie garde « la tête haute »

L'Italie a d’ailleurs vivement riposté au rapport d’Amnistie. Le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, a déclaré que l’Italie a « la tête haute » sur la question migratoire.

Selon lui, c'est grâce aux accords entre Rome et Tripoli pour freiner les flux de migrants que les agences de l'ONU peuvent intervenir en Libye et que les rapatriements volontaires depuis ce pays sont passés « de moins de 3000 l'année dernière à plus de 15 000 aujourd'hui. »

« Il n'y a pas de baguette magique derrière ces chiffres », a-t-il insisté, en évoquant « un travail énorme » avec les gardes-côtes libyens, « les autorités libyennes, les communautés locales, les milices et les forces en présence », ainsi qu'avec les pays d'origine et de transit des migrants.

Après le scandale international né de la diffusion d'images de marchés aux esclaves en Libye, l'Union africaine (UA) a annoncé la semaine dernière qu'elle rapatrierait les 20 000 migrants dans leur pays d'origine d'ici six semaines.

Confrontés aux critiques, Tripoli et Rome ont convenu samedi de faire équipe pour lutter contre les passeurs et les trafiquants.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les 10 meilleures destinations vacances lorsqu'on est végane





Rabais de la semaine