La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a été inculpée pour abus de confiance vendredi, dans l'enquête sur les assistants parlementaires des eurodéputés de son parti, après avoir rencontré les juges chargés du dossier au pôle financier du tribunal de Paris.

Le parti d’extrême-droite français est soupçonné d’avoir élaboré un stratagème pour payer ses permanents avec des crédits européens, en les faisant passer pour des assistants de ses députés au Parlement européen de Strasbourg.

« Conformément à ses engagements pris pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen s'est rendue aujourd'hui à la convocation des juges qui l'ont, comme envisagé, mise en examen », a indiqué son avocat Rodolphe Bosselut.

La patronne du FN s'est contentée de lire une déclaration, a-t-il fait savoir, et n'a pas répondu aux questions, comme la loi l'y autorise.

Me Bosselut a ajouté que sa cliente entend déposer un recours « dès lundi » contre cette inculpation, qui viole, selon lui, le principe de la séparation des pouvoirs.

Selon une source judiciaire d'AFP, Mme Le Pen est plus précisément inculpée au sujet des salaires versés à sa chef de cabinet, Catherine Griset, elle-même inculpée pour recel d’abus de confiance l’hiver dernier, et à son garde du corps, Thierry Légier.

Celle qui a été eurodéputée en 2004 est soupçonnée d'abus de confiance à titre d'eurodéputée de 2009 à 2016, et de complicité d'abus de confiance de 2014 à 2016 à titre de présidente du FN, selon cette même source.

Le Parlement européen a récemment estimé son préjudice à 5 millions d'euros dans cette affaire, pour une période allant du 1er avril 2012 au 1er avril 2017.

Seize autres députés européens du Front national, dont le père de Marine Le Pen, Jean-Marie, et son conjoint, Louis Aliot, sont également visés par cette enquête ouverte en France en 2015, et qui porte sur une quarantaine d'assistants.

En pleine campagne présidentielle française, la patronne du FN avait refusé de rencontrer les juges, le 10 mars, en mettant de l'avant l'immunité que lui conférait son statut d'eurodéputée.

Elle avait ultérieurement fait savoir qu'elle rencontrerait les juges après les élections présidentielle et législatives.

Mme Le Pen ne siège plus au Parlement de Strasbourg puisqu'elle a été élue députée dans une circonscription du Pas-de-Calais lors des dernières législatives.

À titre d'élue à l'Assemblée nationale, elle bénéficie cependant toujours d'une immunité et ne peut être contrainte à se rendre à une audition dans cette affaire. Elle peut toutefois s'y présenter librement.

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