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Médecins sans frontières lance un cri du coeur pour la Syrie

La présidente de Médecins sans frontières (MSF) s'est présentée devant le Conseil de sécurité de l'ONU, mercredi, pour lancer un cri d'alarme concernant la situation en Syrie.

« Je l'ai fait pour les médecins sur toutes les lignes de front, pour tous les patients sur les lignes de front », affirme Joanne Liu.

La présidente de l'organisme humanitaire a voulu s'assurer que les pays membres du Conseil, réunis à New York, ne se fassent pas d'illusion quant à la situation en Syrie. « Aujourd'hui, sur le terrain, il nous manque des lits. Les civils sont bombardés tous les jours et les hôpitaux ne sont pas épargnés. Alep-Est est assiégée », a-t-elle énuméré en entrevue à l'émission 24/60.

Elle a rappelé que rien n'avait changé en Syrie, malgré la résolution 2286 qui a été adoptée le 3 mai 2016, qui porte sur la protection des hôpitaux lors d'un conflit armé.

Syrie : l'engrenage de la guerre

L'organisme humanitaire dénonce également les frappes aériennes qui ont touché mercredi matin les deux hôpitaux soutenus par MSF. « C'était deux hôpitaux qui avaient des capacités chirurgicales. Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, à un moment où on en a le plus besoin, on a encore de moins en moins d'offre de soins au niveau chirurgical », a-t-elle regretté.

« Les médecins à qui j'ai parlé hier m'ont dit : "Eh bien, nous, nous avons fait notre choix. On va rester avec nos patients." Et cela veut probablement dire qu'ils vont mourir avec leurs patients », a confié la présidente de Médecins sans frontières.

Elle croit toutefois que cette fatalité peut être évitée. « Mais ce n'est pas entre mes mains aujourd'hui », a-t-elle laissé tomber.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dénoncé mercredi devant le Conseil de sécurité les attaques menées contre des hôpitaux, les qualifiant de « crimes de guerre ».

« Même un abattoir est plus humain », a-t-il affirmé en évoquant « des gens avec des membres arrachés » et des « enfants qui souffrent terriblement, sans répit ».

Ban Ki-moon a énuméré des recommandations devant le Conseil de sécurité quant à l'application de la résolution onusienne 2286. Par exemple, il a réclamé que les hôpitaux, les équipements médicaux, les soignants et les patients soient épargnés et protégés lors des frappes. Il a aussi demandé à ce que des enquêtes soient menées lors d'incidents et qu'elles soient effectuées de façon impartiale et indépendante.

« C'était des recommandations qui étaient très opérationnelles. Malheureusement, le Conseil de sécurité aujourd'hui a discuté mais n'a pas entériné les recommandations du secrétaire général », a commenté Joanne Liu, présidente de MSF.

Ce n'est pas la première fois que les hôpitaux et les travailleurs humanitaires sont touchés par des frappes en Syrie. Il y a un peu plus d'une semaine, les Nations unies ont décidé de suspendre l'envoi de tous ses convois humanitaires après la destruction de camions qui transportaient de la nourriture et des médicaments.

De nombreux bombardements contre des hôpitaux ont été également répertoriés. En mars 2016, Amnistie internationale accusait la Russie et la Syrie de prendre pour cible les hôpitaux. Le Dr Al-Moufti affirmait aussi que des attaques visent toujours délibérément les installations médicales de l'ONG Secours et Soins médicaux section France, dont il est le vice-président.

En juillet dernier, l'Union des organisations de secours et soins médicaux sonnait également l'alarme quant à la situation en Syrie.

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