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Mike Pence se montre rassurant devant les alliés européens à Munich

Le vice-président américain Mike Pence a tenu à rassurer les alliés européens des États-Unis, samedi, qualifiant d'« inébranlable » le soutien de l'administration Trump à l'OTAN.

Les États-Unis, a-t-il dit, comptent demeurer aux côtés de l'Europe même s'ils recherchent de nouveaux moyens de coopération avec la Russie.

Participant à une conférence sur la sécurité à Munich, Mike Pence a affirmé que le nouveau gouvernement américain entendait préserver l'ordre né de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Cette précision était attendue par des alliés inquiets des déclarations contradictoires de Donald Trump sur l'Alliance atlantique et de son irritation à l'égard de l'Union européenne qu'il a jugée promise à l'effondrement.

C'est la promesse du président Trump : nous sommes aux côtés de l'Europe aujourd'hui et chaque jour parce que nous sommes liés par les mêmes idéaux nobles, soit la liberté, la démocratie, la justice et l'état de droit.

Mike Pence

Renforcer l’armement

Réaffirmant l'engagement militaire américain dans l'OTAN, le vice-président a repris la position exprimée cette semaine par le secrétaire à la Défense, James Mattis, lors de sa première rencontre avec ses homologues de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Mike Pence a rappelé toutefois que plusieurs pays membres ne se sont pas engagés de « manière claire et crédible » dans un effort financier suffisant d'armement. Le traité de l'Atlantique Nord prévoit que les États attribuent 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires.

Cette question de la contribution des membres se pose avec plus d'acuité depuis que Donald Trump a estimé que l'OTAN était une organisation « obsolète » et a critiqué le fait que les États-Unis assumaient une part injuste de ses coûts de fonctionnement.

Ayrault sceptique

Si le ministre polonais de la Défense, Antoni Macierewicz, a accueilli favorablement les déclarations de Mike Pence, plusieurs autres participants, dont le ministre français des Affaires étrangères, se sont montrés circonspects.

Les tendances protectionnistes sont de retour avec une remise en cause des instruments qui permettent d'éviter que seuls les rapports de force organisent le monde.

Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères de la France

« Face à ces tendances, quelle réaction? Celle du repli sur soi et la tentation illusoire de se réfugier derrière les frontières et les murs et celle de la nostalgie pour la guerre froide dans une approche manichéenne des amis et des ennemis? », s'est interrogé le ministre.

Regrettant également que Mike Pence n'ait pas prononcé le moindre mot à propos de l'Union européenne, Jean-Marc Ayrault a rappelé « la détermination de la France et de l'Allemagne à renforcer l'unité » de l'UE.

Face à la nouvelle donne internationale, les membres de l'OTAN s'inquiètent également de la stratégie offensive de la Russie et du ton conciliant que Trump a décidé d'adopter à l'égard de Moscou.

Mike Pence a toutefois affirmé que les autorités russes devaient tenir les engagements pris lors des accords de paix de Minsk sur l'Ukraine et travailler à une diminution des violences dans l'est de ce pays.

Sachez ceci : les États-Unis continueront à tenir la Russie pour responsable, tout en cherchant un nouveau terrain d'entente que le président Trump, comme vous le savez, pense pouvoir trouver.

Mike Pence

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dans son discours, prononcé un peu plus tard, rappelé que Moscou souhaitait établir avec Washington des relations « pragmatiques » fondées sur le respect mutuel.

Mais il a estimé que l'OTAN était « une institution de la Guerre froide » dont l'expansion au cours des 30 dernières années a été source de tensions sans précédent en Europe.

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