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Minnesota : la mort d'une femme abattue par la police soulève plusieurs questions

La mort d'une femme, abattue par un policier de Minneapolis samedi dernier au moment où elle s'approchait de son autopatrouille, soulève des questions au sein de la famille de la victime et de toute la communauté de cette ville du Minnesota.

Les citoyens réclament des explications sur les circonstances qui ont poussé un policier à ouvrir le feu à travers la porte d'une autopatrouille, tandis que Justine Damond s'en approchait.

Vêtue d’un pyjama, l’Australienne d’origine voulait leur expliquer les raisons qui l’avaient poussée à composer le 911 samedi soir. Mme Damond avait appelé les secours pour dénoncer ce qu’elle croyait être une agression sexuelle en cours.

Un policier aurait dégainé son arme depuis le siège du passager de l’autopatrouille avant d’ouvrir le feu sur la jeune femme à travers la porte. Il l’a mortellement atteinte à l’abdomen, a confirmé le bureau du médecin légiste du comté d’Hennepin.

Citant des sources près du dossier, The Star Tribune relate que des officiers sont arrivés dans l'allée de la résidence à bord d’une voiture de patrouille et que Mme Damond s’était adressée au conducteur du véhicule. Les sources du journal indiquent que l’agent assis dans le siège du passager a tiré sur Mme Damond à travers la portière du côté du conducteur.

Les autorités n’ont encore fourni aucune explication sur le tragique événement qui a coûté la vie à la professeure de méditation.

Le bureau du légiste a classé sa mort comme un homicide et le bureau des enquêtes criminelles, qui mène l’enquête, a précisé lundi qu’aucune arme n’a été retrouvée sur les lieux de la tragédie. Le bureau a également déclaré qu’il divulguerait plus d’informations une fois que les policiers auraient été interrogés.

Justine Damond est identifiée dans le rapport du légiste sous son nom de naissance, Justine Ruszczyk. Elle avait pris le nom de son fiancé, Don Damond. Ils devaient se marier le mois prochain.

La « lumière de la justice » réclamée par la famille

Déplorant ne pas avoir obtenu plus d’informations sur la mort de sa future épouse, M. Damond a dit : « Nous avons perdu la personne qui nous était la plus chère et nous espérons désespérément obtenir des informations ».

« Reconstituer les derniers moments de la vie de Justine avant son meurtre serait un petit réconfort pendant que nous pleurons cette tragédie », a-t-il poursuivi.

Originaire de Sydney, la famille de Mme Ruszczyk a également indiqué qu’elle tentait de comprendre ce qui s’est produit. « Nous croyions qu’hier était le pire jour de nos cauchemars, mais nous nous sommes réveillés ce matin devant l’horrible réalité, et elle fait mal », a déclaré le père de Justine, John Ruszczyk.

La chef de la police de Minneapolis, Janee Harteau, a indiqué qu’elle comprenait pourquoi la communauté avait des questions. « J’ai demandé à ce que l’enquête soit menée rondement et qu’elle soit effectuée avec transparence afin de répondre au plus grand nombre de questions possible aussi rapidement que possible », a déclaré la chef Harteau.

Un policier et des plaintes

Les médias locaux ont identifié le policier qui a ouvert le feu sur Mme Ruszcyck comme étant Mohamed Noor, qui a été embauché au sein du corps de police de Minneapolis en mars 2015, selon un communiqué de la Ville.

Une station de télévision locale avance que l’agent Noor a fait l'objet de trois plaintes, selon les dossiers de la Ville. Les documents ne précisent toutefois pas la nature des incidents, mais l’une des plaintes a été rejetée sans sanction disciplinaire alors que les deux autres demeurent pendantes.

L’avocat de l’agent Noor a publié un communiqué déclarant que son client offrait ses condoléances à la famille de la victime et qu’il « les garde dans ses pensées et ses prières ».

M. Noor a été poursuivi après un incident survenu le 25 mai dernier. M. Noor et des collègues ont emmené de force une femme à l’hôpital visiblement aux prises avec un problème de santé mentale.

La poursuite stipule que M. Noor et ses collègues ont violé les droits de la femme lorsqu’ils sont entrés dans sa maison sans permission. M. Noor lui aurait empoigné un poignet et un avant-bras.

Des caméras éteintes

Les caméras que portent les policiers de Minneapolis depuis un an n’étaient pas en service au moment de l’événement, ont déclaré les autorités; celle de l’autopatrouille n’a pas capté l’événement. Les enquêteurs tentent de déterminer si d’autres caméras dans le secteur auraient pu filmer la tragédie.

Les raisons expliquant que les caméras de corps des agents n’aient pas été en marche au moment de l’événement demeurent nébuleuses puisque le département a insisté auprès de ses agents, au cours de la dernière année, pour qu'ils portent ces caméras.

Les agents sont censés mettre leur caméra en marche dès qu’ils doivent intervenir pour des activités criminelles et avant l’usage de la force.

Le site professionnel de Justine Damond indique qu’elle a déménagé à Minneapolis pour y devenir instructrice de yoga, professeure de méditation et coach de vie. Elle s’était établie à Minneapolis pour rejoindre son fiancé qui y vivait.

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