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Moscou annonce l’arrêt des frappes à Alep

Une accalmie relative règne dans le secteur d'Alep-Est, cible d'intenses bombardements de l'armée syrienne et de ses alliés depuis plusieurs jours. La situation humanitaire reste cependant critique.

Après avoir opposé son véto à une résolution onusienne réclamant un cessez-le-feu à Alep, la Russie, par la voie de son ministre des Affaires étrangères, a annoncé jeudi l’arrêt des raids aériens et des tirs de l’artillerie lourde.

« Les opérations de combat de l'armée syrienne ont été interrompues dans l'est d'Alep, parce qu'il y a une grande opération en cours qui est l'évacuation des civils », a déclaré Sergueï Lavrov. Il n’a pas précisé toutefois la durée de cette cessation des hostilités.

« Il va y avoir une colonne d'évacuation de 8000 personnes », a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères depuis Hambourg, en marge d'une réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) constate un arrêt des frappes de l'aviation syrienne et une baisse des tirs d'artillerie dans les derniers secteurs où les rebelles sont retranchés.

Pour sa part, le correspondant de l'AFP à Alep-Est rapporte que « c'est plus calme. Même les tirs d'armes légères ont diminué, ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'à présent ».

Cette décision marque une pause dans l’offensive lancée le 15 novembre dernier par Bachar Al-Assad, qui veut en finir avec ce bastion de résistance.

Dans un entretien au quotidien Al Watan paru jeudi, le président syrien a écarté une nouvelle fois un cessez-le-feu, estimant qu'une reprise d'Alep constituerait « un tournant dans la guerre », mais pas la fin de celle-ci.

Tractations pour l’évacuation de rebelles et de civils

La Russie et les États-Unis tentent toujours de trouver une entente sur l'évacuation des insurgés encore présents dans la partie orientale d’Alep, où sont assiégés des dizaines de milliers de civils.

Sergueï Lavrov a annoncé la tenue, samedi, de discussions militaires et diplomatiques russo-américaines à Genève pour étudier notamment des plans d'évacuation des civils et des combattants rebelles qui le souhaitent.

Mais le chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire, Jan Egeland, a fait savoir que Washington et Moscou avaient des positions « diamétralement opposées » au sujet de l'évacuation des rebelles.

Ces derniers se disent déterminés à résister et refusent de quitter la ville, en dépit de fulgurante progression des troupes syriennes.

Situation catastrophique, selon le CICR

Une poursuite des combats pourrait se solder par un bain de sang, puisque, selon l’ONU, quelque 200 000 civils qui se trouvent encore dans la partie orientale de la ville.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) parle déjà d’une situation « catastrophique ».

D’après Tawfik Chamaa, cofondateur de l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), 1500 personnes ont besoin d'une évacuation médicalisée.

Ceux qui […] essayent de s'enfuir sont pris dans des échanges de tirs, dans des bombardements et risquent d'être la cible de tireurs isolés.

Jan Egeland, chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire

Le chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire a ajouté que « plusieurs centaines d'enfants, malades et blessés [...] doivent sortir ».

En déplacement à Genève, le président du conseil local d'Alep, Brita Haji Hassan, a indiqué que « 150 000 personnes sont menacées d'extermination ».

Selon lui, les derniers combats à Alep ont fait plus de 800 morts et des milliers de blessés.

Nous lançons un appel à un arrêt des bombardements et à un sauf-conduit pour tous.

Brita Haji Hassan, président du conseil local d'Alep

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