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Moscou intensifie ses bombardements à la frontière turque

La Russie a intensifié ses bombardements dans la province syrienne de Lattaquié en plus de déployer un système de défense antiaérien dans la zone où un chasseur russe a été abattu par l'aviation turque hier.

L'aviation russe a mené au moins 12 frappes contre les rebelles syriens turkmènes et une branche d'Al-Qaïda, soit le Front al-Nosra. Outre les bombardements de l'aviation, les rebelles ont dû essuyer les tirs de missiles lancés à partir de navires de guerre, mouillant en Méditerranée, qui se sont rapprochés de la côte syrienne afin de protéger les avions russes.

Une frappe aérienne a également touché un garage de semi-remorques, à un poste frontalier tenu par des rebelles syriens. Trois personnes ont été tuées dans cette attaque et des camions ont été détruits.

Protéger les avions russes

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné le déploiement d'un système de missiles antiaériens S-400 sur la base aérienne russe de Hemeimeen, dans la province syrienne de Lattaquié, côtière de la Turquie. La base militaire russe est située à environ 50 kilomètres au sud de la frontière avec la Turquie.

Le ministre russe de la Défense, Sergeï Shoigu, a également déclaré que tous les bombardiers russes seraient désormais escortés par des chasseurs lors de leurs missions de combat en Syrie et que son ministère a rompu tout contact avec l'armée turque.

La réplique russe à l'incident qui a coûté la vie à un pilote et un soldat russe risque d'entraîner davantage de risques de confrontation armée entre la Russie et la Turquie, membre de l'OTAN.

L'OTAN, une alliance militaire défensive, serait contrainte d'intervenir si la Russie abattait un appareil turc.

Tout en tentant d'apaiser les tensions, le président américain, Barack Obama, a indiqué, hier, que la Turquie avait le droit de défendre son espace aérien. Une position que s'est bien gardé d'appuyer le premier ministre canadien, Jutin Trudeau, lors d'un point presse à Londres où il visitait la reine Elizabeth.

M. Trudeau s'est contenté de dire que les circonstances entourant l'accrochage entre les deux pays demeuraient nébuleuses et que l'important était d'apaiser les tensions entre les deux pays.

Une « provocation planifiée », selon Moscou

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déclaré, plus tôt dans la journée, que la Russie « ne fera pas la guerre à la Turquie », indiquant du même coup que l'accrochage entre les deux pays constituait une « provocation planifiée » par Ankara.

Moscou soutient que la décision turque d'abattre un chasseur russe à la frontière syrienne était planifiée. « Nous avons de sérieux doutes sur le fait qu'il s'agisse d'un acte spontané, cela ressemble beaucoup à une provocation planifiée », a déclaré M. Lavrov.

Le ministre Lavrov a souligné avoir eu une discussion « d'environ une heure » avec son homologue turc, Mevlut Cavusoglu. Le ministre turc a « tenté de justifier les décisions de l'armée de l'air turque » en affirmant que le chasseur russe « a volé au total 17 secondes dans l'espace aérien turc », a précisé M. Lavrov.

M. Lavrov ajoute que Moscou demandera au Conseil de sécurité de l'ONU de se pencher sur les circuits de financement des djihadistes qui contrôlent une grande partie de l'Irak et de la Syrie. Il estime que les terroristes djihadistes utilisent le territoire turc dans le cadre de leurs opérations.

Le président russe, Vladimir Poutine, s'est fait plus cinglant, accusant les dirigeants turcs d'avoir encouragé l'islamisation de leur société. « Le problème, ce n'est pas la tragédie à laquelle nous avons assisté hier, a déclaré M. Poutine [...] Le problème est situé bien plus en profondeur. Ce que nous observons depuis un certain nombre d'années, c'est un régime turc qui mène une politique délibérée de soutien à l'islamisation de son pays. »

Preuve supplémentaire des tensions qui règnent entre les deux pays, le ministre russe des Affaires étrangères a recommandé à ces concitoyens d'éviter de se rendre en Turquie. Il estime que le pays est au moins aussi dangereux que l'Égypte en termes de risques d'attentats. La mesure est importante, puisque l'industrie du tourisme turque profite de sa popularité auprès des citoyens russes. Plus de 4 millions de russes ont visité la Turquie l'an dernier.

Moscou entend d'ailleurs « sérieusement réévaluer » ses relations avec la Turquie, a ajouté M. Lavrov.

Pour suivre en direct les derniers développements dans la lutte contre le terrorisme, cliquez ici.

Les deux pays sont économiquement interdépendants ayant développé une relation client-fournisseur. La Turquie est le deuxième acheteur en importance, juste derrière l'Allemagne, du gaz naturel russe. La Turquie importe de 28 à 30 milliards de mètres cubes de gaz russe sur les 50 milliards qu'elle importe au total chaque année.

La Russie est également le quatrième fournisseur de la Turquie pour le pétrole et ses dérivés. Anakara achète également une grosse partie (4,1 millions de tonnes) des récoltes de blé russe pendant que la Turquie est aussi le principal marché pour les produits de l'acier russes.

Reprise des bombardements russes

L'aviation turque a abattu un avion de combat russe, un Soukhoï Su-24, hier, lors d'un accrochage entre les deux pays à la frontière syrienne. La Turquie affirme que le chasseur-bombardier russe avait violé son espace aérien et que ses pilotes avaient été avertis une dizaine de fois en quelque cinq minutes avant d'être abattu. De son côté, la Russie soutient que son chasseur a été abattu en territoire syrien.

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