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Moscou perd son vote; Washington prêt à « dégainer de nouveau » en Syrie

Le projet de résolution présenté par la Russie pour faire condamner les frappes aériennes conduites en Syrie dans la nuit de vendredi à samedi par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni n'a pas été adopté par le Conseil de sécurité réuni à la demande de Moscou.

Le texte de cinq paragraphes, qui avait dès le départ peu de chances de recueillir les neuf voix nécessaires à son adoption, faisait part d'une « grande inquiétude » face à « l'agression » contre un État souverain, qui viole, selon Moscou, « le droit international et la Charte des Nations unies ».

Moscou a obtenu l'appui de la Bolivie et de la Chine, alors que huit pays ont voté contre le texte et que les quatre autres se sont abstenus.

Le vote démontre une fois de plus la division qui paralyse le plus puissant organe de l'ONU depuis le début de la guerre civile en Syrie, il y a sept ans.

De toute façon, la résolution n'avait aucune chance d'être adoptée puisque les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, les trois pays qui ont lancé les frappes aériennes contre la Syrie, détiennent un droit de veto.

Ces trois pays disent avoir frappé la Syrie en représailles d'une attaque chimique perpétrée la semaine dernière à Douma. La Russie et Damas ont rejeté toute responsabilité de cette attaque, niant même son existence.

Moscou s'est empressé de fustiger les États occidentaux qui se sont opposés au texte. Ils ont bafoué le droit international et les règles des Nations unies par leur comportement, a déclaré le président russe, Vladimir Poutine, à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan.

Selon le site Internet du Kremlin, les deux hommes ont convenu d'intensifier leurs efforts pour parvenir à un règlement pacifique du conflit syrien, Vladimir Poutine estimant que les forces militaires russes aident le gouvernement légitime à combattre le terrorisme.

Washington est prêt pour de nouvelles frappes

Les États-Unis pourraient effectuer de nouvelles frappes militaires si le régime de Bachar Al-Assad procédait encore à une attaque aux armes chimiques, a déclaré à l'ONU l'ambassadrice américaine Nikki Hailey, dans le cadre de la réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Selon Mme Hailey, l'Amérique était dans son droit lorsqu'elle a bombardé des installations et des stocks d'armes en Syrie, en compagnie de la France et du Royaume-Uni.

« Nous sommes prêts à maintenir cette pression, si le régime syrien est assez fou pour tester notre volonté », a-t-elle ajouté.

Les États-Unis croient que du chlore et du gaz sarin ont été utilisés contre la population lors de l'attaque du 7 avril.

De son côté, la France prendra des initiatives diplomatiques « dès lundi » à l'ONU pour tenter d'avancer vers un règlement de la crise syrienne. C'est ce qu'a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« La France veut reprendre l'initiative au Conseil de sécurité pour faire en sorte que l'on s'achemine vers un règlement pacifique de la crise syrienne », a-t-il déclaré.

Pour remettre en selle les Nations unies dans ce dossier, M. Le Drian estime « indispensable » de « faire en sorte » que les résolutions du Conseil de sécurité soient appliquées. « Je pense en particulier à une résolution que la Russie a votée » pour « un cessez le feu, c'est la première étape » pour qu'« on puisse entrer dans le processus politique qui patine déjà depuis plusieurs années ».

Par ailleurs, l'OTAN a appelé « la Russie à faire preuve de responsabilité » dans le dossier syrien, a fait savoir son secrétaire général, Jens Stoltenberg.

« Les alliés appellent tous ceux qui soutiennent le régime syrien, en particulier la Russie, à faire preuve de responsabilité et à faire ainsi en sorte que le régime syrien participe de manière constructive au processus de Genève sous la conduite de l'ONU », a-t-il ajouté.

Manifestations à Damas contre les frappes

Au lever du soleil à Damas, des centaines de partisans du régime arborant des drapeaux syriens, russes et iraniens se sont rassemblés sur l'emblématique place des Omeyyades, au son des klaxons et de musiques patriotiques en signe de défiance face aux frappes occidentales de la nuit précédente.

Nedher Hammoud un fervent partisan du régime âgé de 48 ans, était sur son toit pour « regarder les missiles se faire descendre comme des mouches ».

Les frappes occidentales sont pour eux le signe de la victoire du régime, qui a notamment repris le bastion rebelle de la Ghouta orientale, situé aux portes de la capitale.

Les insurgés du groupe islamiste Jaich al-Islam ont accepté d'évacuer la ville de Douma, au lendemain de l'attaque chimique présumée.

La Ghouta orientale « libérée »

La Ghouta orientale a été vidée de tous les combattants rebelles qui s'y trouvaient après le départ des derniers d'entre eux pour le nord de la Syrie, a annoncé samedi le commandement militaire syrien, rapporte la presse officielle de Damas.

« Tous les terroristes ont quitté la ville de Douma, leur dernier bastion dans la Ghouta orientale », dit un communiqué.

Des forces de sécurité du régime syrien sont entrées dans la ville de Douma, ultime fief rebelle dans la Ghouta orientale près de la capitale, Damas, ont rapporté des médias étatiques.

« Des unités des forces de la sécurité intérieure entrent à Douma », a indiqué la télévision d'État, précisant que la ville rebelle allait être vidée en quelques heures « de la présence terroriste ».

Les rebelles de Douma considèrent que les frappes en Syrie sont « une farce » tant que Bachar Al-Assad reste au pouvoir.

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