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Moscou promet de riposter à l'adoption de nouvelles sanctions américaines

L'adoption, mardi, par le Congrès américain d'une nouvelle série de sanctions contre la Russie suscite la colère de Moscou, qui promet de riposter à ces mesures de rétorsion américaines; alors qu'au siège de l'Union européenne à Bruxelles, on redoute les effets collatéraux de cette politique unilatérale américaine.

Le texte de loi instaurant ces nouvelles mesures punitives envers la Russie, l’Iran et la Corée du Nord a été adopté mardi par 419 voix contre 3 à la Chambre des représentants du Congrès américain, malgré des réserves émises par le président Donald Trump.

La mesure, qui comprend des sanctions contre Moscou pour s’être ingéré dans les présidentielles américaines, pour avoir annexé la Crimée et déstabilisé l’Ukraine, doit cependant être approuvée par le Sénat américain et être promulguée par le président avant d'entrer en vigueur.

Les sanctions essentiellement économiques visent également à punir la Corée du Nord pour ses récents tirs de missiles balistiques ainsi que les Gardiens de la révolution iraniens accusés de soutenir le terrorisme.

Donald Trump marche sur des oeufs

La Maison-Blanche a de son côté fait savoir que le président Trump n'avait pas encore pris de décision quant à la promulgation du texte, qui pourrait sérieusement compromettre ses projets de rapprochement avec Moscou.

Même si le président s’y opposait, le projet de sanctions pourrait être adopté avec une marge suffisante pour passer outre un éventuel veto présidentiel.

Saisissant la balle au bond, le Kremlin a prévenu, mercredi matin, que ces nouvelles sanctions menaçaient « très sérieusement » les espoirs de normalisation entre les deux puissances suscités par l'élection de Donald Trump.

« Ces actes ne resteront pas sans réponse », a par ailleurs prévenu Sergueï Riabkov en assurant que Moscou ne comptait pas « céder à l'émotion » et demeurerait à la recherche de « compromis »sur des questions comme la lutte contre le terrorisme.

Ce projet de loi que Donald Trump hésite à soutenir se veut avant tout une riposte du Congrès américain, qui accuse la Russie d’avoir orchestré une campagne de désinformation et de piratage informatique contre la candidate républicaine Hillary Clinton, lors des dernières présidentielles.

Plutôt tiède à l’idée de punir son homologue russe Vladimir Poutine avec qui il tente un rapprochement depuis son arrivée au pouvoir, le président Trump pourrait opposer son veto au projet de loi, mais un second vote d’au moins les deux tiers du Congrès pourrait l'infirmer.

« Bien que le président soutienne des sanctions sévères contre la Corée du Nord, l'Iran et la Russie, la Maison-Blanche étudie ce projet de loi et attend une version finale sur le bureau du président », a expliqué la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

L’Iran, de son côté, a qualifié ce projet de loi de « mesure hostile » qui pourrait nuire à l’application de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 sous la présidence de Barack Obama.

Mécontentement en Europe

Il n’y a pas que dans les pays visés par les sanctions américaines que ce projet de loi dérange. Il est également très mal accueilli par plusieurs pays en Europe où on dénonce cette mesure unilatérale américaine dont les impacts pourraient nuire à des entreprises européennes, notamment dans le secteur sensible de l’énergie.

L'Allemagne explique notamment que ce projet de loi permettrait à Washington de sanctionner les entreprises européennes qui travaillent sur des pipelines venant de Russie, en limitant leur accès aux banques américaines ou en les excluant des marchés publics aux États-Unis.

Selon Berlin, ces sanctions pourraient, en théorie, punir les groupes européens qui participent au projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit accélérer l'acheminement du gaz russe vers l'Allemagne à partir de 2019.

L'entreprise française Engie, les Allemandes Uniper et Wintershall, l’Autrichienne OMV et l'Anglo-Néerlandaise Shell pourraient notamment subir des dommages collatéraux causés par les nouvelles sanctions américaines.

Le front États-Unis/Europe s'effrite

Cette sortie des rangs des États-Unis compromet également la cohésion au sein des pays membres du G7 qui gèrent conjointement les sanctions contre la Russie de façon à faire bloc face à la puissance de la Russie.

Jusqu’ici Washington et l’Union européenne avaient veillé, dans leurs sanctions, à ne pas nuire à l‘approvisionnement de gaz en Europe.

C’est pourquoi la Commission européenne a exprimé, mercredi, dans un communiqué son inquiétude pour « l'indépendance énergétique de l'UE » et les conséquences politiques négatives de cette mesure américaine.

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