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Mossoul : les troupes irakiennes approchent d'un pont stratégique

Les forces gouvernementales irakiennes ont continué à avancer dans Mossoul-Ouest dimanche et approchaient d'un pont sur le Tigre qui leur permettrait d'opérer la jonction avec les troupes qui se sont emparées de la partie orientale de la ville, dernier grand bastion du groupe armé État islamique (EI).

Les cinq ponts qui permettent de passer d’un côté de la ville à l’autre à Mossoul ont été endommagés par des frappes aériennes de la coalition américaine, puis par les djihadistes lorsqu'ils ont dû se replier vers l'ouest de la ville. Mais l'armée estime pouvoir réparer le plus méridional d'entre eux et faciliter ainsi l'acheminement de renforts et de matériel.

« Le pont est très important », a déclaré le colonel Falah Al-Wabdan, un officier de l'unité de « Réponse rapide » du ministère de l'Intérieur, dont les troupes ne seraient plus qu'à 400 mètres de l'ouvrage.

Alors que l'assaut des forces gouvernementales s'accélère, quelque 1200 civils ont réussi à fuir Mossoul-Ouest dimanche matin, selon un officier du Service de contre-terrorisme (CTS). Parmi eux figuraient plusieurs dizaines d'habitants de villages situés au sud de la ville, que les combattants de l'EI avaient emmenés comme boucliers humains pour couvrir leur retraite.

« Nous voulons rentrer chez nous à Mafrak al-Kayyara », a expliqué l'un d'eux, Mohamed Allaoui Zeidan, croisé sur une route reliant les berges du Tigre à l'aéroport de Mossoul, capturé cette semaine par les forces de Bagdad.

Les troupes gouvernementales ne sont plus qu'à 2 km de la vieille ville de Mossoul, dans laquelle se trouve la mosquée où le chef de l'EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, a proclamé le « califat » en 2014.

Elles s'attendent à devoir livrer une bataille difficile dans les ruelles de la vieille ville, dont la chute privera l'EI de son dernier bastion urbain en Irak.

Selon les habitants, qui seraient encore jusqu'à 750 000 dans les secteurs contrôlés par l'EI, les djihadistes utilisent un réseau de tunnels et de passages entre maisons pour attaquer les assaillants en se dissimulant au milieu des civils, ce qui oblige les troupes gouvernementales à avancer prudemment en sécurisant les maisons les unes après les autres.

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