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Mystérieuses attaques à Cuba : des diplomates canadiens racontent leur histoire

On le surnomme « le syndrome de La Havane ». C'est le résultat d'une mystérieuse attaque dite acoustique qui aurait eu lieu entre les murs des résidences diplomatiques canadiennes et américaines à Cuba. De retour au pays, des diplomates canadiens en parlent pour la première fois.

« Je me souviens d'avoir entendu des sons du fond du jardin. Un bruit métallique », raconte, sous le couvert de l'anonymat, un diplomate canadien de retour de Cuba.

L’affaire a été dévoilée en août dernier. Une vingtaine de membres du personnel diplomatique américain à Cuba présentent d’étranges symptômes, comme des troubles de l’audition, de l’équilibre et du sommeil, ainsi que des nausées, après avoir entendu des sons dont ils ignoraient la provenance. Ils sont rapatriés aux États-Unis. On décèle chez eux des lésions cérébrales traumatiques légères.

Les autorités américaines parlent alors d’« attaque acoustique » d'une « nature inconnue ». Washington accuse le régime cubain d'avoir rendu ses diplomates malades. Le gouvernement Castro proteste. L’énigme est totale.

L'affaire est ouvertement débattue par un comité sénatorial présidé par le sénateur Marco Rubio.

Une affaire gardée sous silence

Au Canada, l'histoire ne fait pas grand bruit. Pourtant, huit membres de familles de diplomates canadiens en poste à Cuba sont affligés de symptômes semblables.

Pendant des mois, ils n'en parlent pas. La consigne était claire, disent-ils. Mais aujourd'hui, ils veulent raconter publiquement leur histoire, invoquant leur santé et celle des membres de leur famille.

« Parler comporte des risques, mais ces risques en valent la peine, explique un diplomate. C'est pour tous les diplomates canadiens qu'on parle aujourd'hui. On ne devrait pas cacher des informations pendant des mois. La santé et la sécurité devraient passer avant. »

Laissés à eux-mêmes

Même si un médecin a été dépêché à La Havane, les diplomates estiment avoir été laissés à eux-mêmes dans toute cette affaire.

« Je n'ai vu aucun spécialiste pendant six mois et je n'avais aucune idée de quel était mon diagnostic final. Je savais que j'étais malade, même si la Défense avait fermé mon dossier. Et je savais que mes symptômes étaient similaires à ceux des Américains », dit une diplomate.

Désespérés, certains de ces diplomates se sont rendus de leur propre moyen à la prestigieuse école de médecine de l'Université de Pennsylvanie afin d’être évalués par les mêmes experts que leurs collègues américains.

« C'est un mystère », affirme le Dr Douglas Smith, une sommité des questions qui touchent aux commotions cérébrales.

Pour le Dr Douglas, il n'y a aucun doute que c'est le cerveau qui a été visé.

Une enquête menée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est en cours pour tenter de déterminer ce qui a pu être à l’origine de ces symptômes inhabituels.

D’après un reportage d’Azeb Wolde-Giorghis

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