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Négociation et aide alimentaire : l'approche russe en Syrie

En Syrie, les canons se taisent dans bien des parties du pays, mais les Russes y restent très actifs. Ils multiplient les distributions d'aide dans les communautés locales et négocient même des ententes de paix avec des villages.

  Un reportage de Raymond Saint-Pierre

À la base de Hmeimim, dans la province syrienne de Lattaquié, la Russie a déployé ce qu'elle a de plus sophistiqué comme avions de chasse, bombardiers supersoniques, avions de combat légers, et hélicoptères. C'est là que le 30 septembre dernier, la Russie développait cette immense base aérienne, à la surprise de tous, et se lançait dans ce conflit.

Mais depuis quelques jours, on n'entend plus le bruit incessant des avions qui décollent pour des centaines de missions de bombardement.

Ce qu'on entend bien ces temps-ci à cette base militaire russe, c'est la voix du lieutenant-général Serguei Kouralenko, responsable du centre de coordination de la trêve. Il dresse un bilan chaque jour des violations de ce cessez-le-feu. Pour l'instant, il règne un calme relatif. La Russie échange ses informations avec l'armée américaine.

L'armée russe reste active sur bien des fronts. Elle négocie, sur place, avec des dizaines de groupes de rebelles. Au cours de la visite de journalistes à la base de Hmeimim, on nous a d'ailleurs montré deux hommes décrits comme des rebelles, impliqués dans ces négociations.

Le village de Maarzaf

Au cours de la visite organisée par les ministères de la Défense et des Affaires étrangères russes, nous avons pu visiter le village de Maarzaf, qui ne collaborait ni avec l'opposition ni avec le régime de Bachar Al-Assad.

Lors de notre visite, les autorités du village se laissaient convaincre de signer une sorte de traité de paix avec le régime d'Al-Assad, que la Russie appuie, en échange de protection et de sécurité.

Le Sheikh Ahmad Mubarak, un homme important dans la région qui a sa propre petite armée, remerciait les autorités russes pour leur aide et promettait de libérer son pays de tous les envahisseurs.

Une trentaine de documents de la sorte, d'ententes de paix, ont été signés avec des villages, après l'intervention de militaires russes. L'événement attire d'autant plus la population, puisque l'armée russe distribue aussi de l'aide alimentaire et des soins de santé.

Ailleurs, le long de la frontière avec la Turquie, le village d'Al-Assaouia est une sorte de havre de paix, où il n'y a pas eu d'affrontement entre les diverses communautés. Ici aussi, on nous montre une distribution d'aide.

Dans la foule se trouve un homme venu d'ailleurs, Abdelhamid Avkhod. Il dit qu'il veut rester dans son pays, malgré la guerre. Sa famille et lui sont venus ici, de la ville d'Alep, une des villes les plus touchées par la guerre.

La Russie, en s'engageant dans ce conflit, disait vouloir aider l'Europe à limiter le flot de migrants. Ici, on semble encourager les Syriens à rester dans leur pays.

Trêve, accords de paix locaux, refuge à l'intérieur du pays...tout cela devra subir l'épreuve du temps. Le désir de paix est-il réellement en train de l'emporter sur ce conflit qui dure depuis cinq ans et qui a fait des centaines de milliers de morts?

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