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Négociations de paix à Genève sur fond de combat en Syrie

Alors que doivent s'engager à Genève de nouvelles négociations de paix, l'armée de l'air syrienne a mené jeudi des raids contre des secteurs tenus par les insurgés dans les provinces de Deraa, d'Alep et de Hama et les rebelles ont tiré des roquettes en direction de positions gouvernementales, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Le niveau général des violences dans l'ouest de la Syrie est cependant quelque peu inférieur à ce qu'il était ces derniers jours, a précisé l'OSDH.

Dans la province de Deraa (sud), où les affrontements se sont intensifiés durant la semaine écoulée, des islamistes ont fait exploser une voiture piégée et des hélicoptères des forces du régime ont largué des barils bourrés de TNT, indique l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau d'informateurs au sol.

À Alep, les forces gouvernementales ont bombardé des secteurs de la périphérie ouest et des avions de l'armée de l'air sont entrés en action au-dessus d'une zone où l'armée de Bachar Al-Assad et ses alliés avaient progressé la veille.

Les négociations de paix de Genève doivent débuter alors que, depuis près de deux mois, un cessez-le-feu très fragile est en place entre le régime syrien et les rebelles, chaque camp accusant l'autre de violations.

Les groupes djihadistes comme le groupe armé État islamique (EI) ne sont pas concernés par cette trêve entrée en vigueur le 30 décembre sous l'impulsion de la Russie et de la Turquie après la bataille d'Alep.

Le processus de Genève, sous l'égide de l'ONU, interrompu depuis près d'un an, reprend dans un contexte politique et militaire très différent de celui qui prévalait lors des négociations d'avril 2016. La progression de l'armée syrienne soutenue par la Russie et l'Iran a remodelé le champ de bataille et redistribué les cartes du conflit.

Le contexte politique est lui aussi bien différent avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et la reprise en main du dossier par le trio Russie-Iran-Turquie, qui s'est illustré par les deux conférences de paix qui ont eu lieu à Astana, au Kazakhstan.

« Ce qui me manque pour le moment, c'est une stratégie américaine claire. Où en sont les États-Unis? Je ne peux pas vous le dire, car je l'ignore », déplorait le week-end dernier à la conférence annuelle sur la sécurité de Munich l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui reconnaît ne pas nourrir d'« attente démesurée ».

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