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Nigeria : Boko Haram échange 21 écolières contre 4 terroristes

Le groupe terroriste djihadiste Boko Haram a relâché 21 des 276 écolières qu'il avait enlevées à Chibok il y a plus de deux ans en échange de la libération de quatre de ses prisonniers.

Les jeunes filles ont été « échangées contre quatre prisonniers de Boko Haram ce matin », dans la région de Banki, une ville située à la frontière du Cameroun, selon une source locale de l'AFP. Pendant que les filles étaient exfiltrées de Banki pour être ramenées dans la capitale nigériane, Abuja, les quatre djihadistes de Boko Haram étaient, quant à eux, emmenés en hélicoptère pour être conduits de Banki à Kumshe, bastion du groupe terroriste, dans des véhicules de la Croix-Rouge.

Le porte-parole de la présidence nigériane, Garba Shehu, a confirmé la libération des jeunes filles sans toutefois faire allusion à l'échange à l'origine de la bonne nouvelle. « Le président Muhammadu Buhari se félicite de la libération des filles, mais rappelle aux Nigérians que plus de 30 000 citoyens ont été tués par le terrorisme » de Boko Haram, ajoute le communiqué de la présidence, en précisant que le nom des jeunes filles libérées serait bientôt révélé.

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Un communiqué du gouvernement nigérian précise que la libération des écolières a été « facilitée par le CICR et le gouvernement suisse ».

Boko Haram a kidnappé 276 écolières le 14 avril 2014 au moment où elles passaient leurs examens; 57 avaient réussi à s'enfuir et une autre avait été retrouvée par l'armée nigériane en mai dernier.

L'enlèvement des écolières de Chibok avait provoqué l'indignation internationale et généré le mouvement Bring Back Our Girls (Ramenez-nous nos filles).

Preuve de vie

Après des mois de silence sur le sort des écolières, Boko Haram a diffusé une vidéo, en août dernier, les montrant réunies derrière le chef des djihadistes, Abubakar Shekau. Ce dernier répétait que les écolières avaient été mariées à des combattants et que plusieurs d'entre elles avaient été tuées dans des attaques de l'armée nigériane.
Shekau avançait également que des écolières chrétiennes avaient été converties de force à l'islam.

Le gouvernement nigérian avait admis, en septembre dernier, que des négociations avec le groupe terroriste avaient échoué à trois reprises, Boko Haram refusant de finaliser les échanges.

Le consultant antiterroriste et directeur du Modern Security Consulting Group, Yan St-Pierre, explique que l'échange des 21 jeunes filles « montre que Boko Haram a besoin de ressources, humaines ou financières, [mais que] le petit nombre de filles libérées indique que leur prix est élevé et que le groupe doit garder des atouts dans sa poche ».

M. St-Pierre souligne que l'armée nigériane n'a toujours pas commenté la libération des écolières. « Elle est muette, constate-t-il. C'est à se demander si cela a été fait avec leur consentement ». L'armée nigériane mène des frappes aériennes sur la forêt de Chibok, fief de Boko Haram.

« Espérons que ce soit le début des négociations pour trouver un terme à l'insurrection », explique le directeur de Signal Risk, Ryan Cummings.

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