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Nomination à la Cour suprême : les choix de Trump se précisent

La courte liste de Donald Trump sur laquelle figurent les candidats potentiels au poste de juge à la Cour suprême des États-Unis commence à se préciser.

Un texte de Yannick Donahue

Le président américain doit annoncer le 9 juillet prochain le nom de la personne qu’il a choisie pour occuper le siège laissé vacant par le départ à la retraite du juge à la Cour suprême Anthony Kennedy.

Considéré comme un conservateur modéré, le juge Kennedy était connu comme le juge « pivot » du plus haut tribunal du pays, qui compte neuf magistrats. Sur presque toutes les grandes questions soumises à la Cour ces dernières années, ni les juges libéraux, nommés par les démocrates, ni les conservateurs, nommés par les républicains, ne pouvaient l'emporter sans son vote décisif.

Le choix du président aura donc un impact majeur sur l’administration de la justice à la Cour suprême. La personne nommée aura un vote décisif au sein du tribunal et pourrait rendre des décisions marquantes pour toute une génération, telles que celles rendues dans le passé sur l'avortement, les soins de santé et le mariage homosexuel, entre autres.

Huit candidats sur la courte liste

Durant sa campagne électorale, Donald Trump a affirmé qu’il effectuerait son choix à partir d’une liste de 25 candidats approuvés par divers groupes conservateurs.

Lundi, le président en a rencontré quatre. Selon l’Associated Press, les candidats en question sont tous des juges qui évoluent dans l'une des 13 cours d'appel fédérales, soit Brett Kavanaugh, Raymond Kethledge, Amul Thapar et Amy Coney Barrett.

M. Trump a également eu une conversation téléphonique avec le sénateur républicain de l’Utah, Mike Lee, au sujet de l’emploi, lundi. Cette information a été confirmée par le porte-parole du sénateur, Conn Carroll.

Le frère du sénateur Lee, Thomas Rex Lee, qui siège à la Cour suprême de l’État de l’Utah, est également considéré pour le poste à combler, selon l’agence de presse Reuters.

Mardi, Donald Trump s’est entretenu avec trois candidats potentiels, a indiqué la Maison-Blanche, sans révéler l’identité des trois personnes.

De son côté, Hogan Gidley, porte-parole de la Maison-Blanche, a indiqué que M. Trump a parlé avec huit candidats au total jusqu’à maintenant.

Donald Trump a dévoilé que sa courte liste incluait les noms d’au moins deux femmes.

L’Associated Press rapporte que Donald Trump s’est entretenu avec Thomas Hardiman, qui siège avec la sœur du président à la Cour d’appel fédérale de Philadelphie. Maryanne Trump Barry tient le juge Hardiman en très haute estime.

Toujours selon l’agence de presse américaine, une autre candidature retenue est la juge Joan Larsen de la Cour d'appel fédérale de Cincinnati.

Selon une personne bien informée du processus de sélection, Donald Trump porte une attention spéciale sur la candidature de deux personnes, soit les juges Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett.

Rejeter l'establishment

Le candidat choisi par le président doit recevoir l’appui du Sénat pour pouvoir entrer officiellement en fonction. Les républicains disposent d’une mince majorité à la chambre haute du Congrès : 51 républicains contre 49 sénateurs démocrates y siègent.

Le président américain ne peut donc pas se permettre de perdre le vote d’un seul sénateur républicain, car cela risque de bloquer la nomination de son candidat.

Alors qu’il examine ses options, Donald Trump a reçu les doléances du sénateur républicain du Kentucky, Rand Paul, qui a exprimé des réserves à propos du candidat vedette Brett Kavanaugh.

Le sénateur Paul reproche au magistrat d’être trop aligné sur l’establishment. Il a d’ailleurs avisé ses collègues qu’il pourrait voter contre sa nomination si jamais le président retenait sa candidature.

Pour justifier sa décision, il invoque le rôle joué par Brett Kavanaugh sous l’administration Bush dans des affaires impliquant les privilèges de l'exécutif et la divulgation de documents au Congrès.

Le droit à l'avortement au centre de l'attention

L’ancien président de la Chambre des représentants et allié de Donald Trump, Newt Gingrich, a écrit lundi sur Twitter : « La juge Amy Coney Barrett ferait un excellent juge de la Cour suprême. Sa clarté et sa force intellectuelle lors des audiences du Sénat pour son poste de juge actuel ont démontré du jugement et une profondeur de pensée qui seraient puissants à la Cour suprême ».

Avant d’être nommée juge, Amy Coney Barrett a été la greffière du juge Antonin Scalia, une icône républicaine. De plus, elle a longtemps enseigné le droit à la Notre Dame Law School. Mère de sept enfants, elle est jeune (46 ans), télégénique et catholique. Mais son court mandat sur le banc pourrait bien lui nuire.

La sénatrice républicaine du Maine, Susan Collins, a affirmé qu'elle s’opposerait à la nomination de toute personne qu’elle croit capable de renverser le jugement Roe v. Wade (1973), qui a permis la légalisation de l'avortement. La sénatrice Collins se positionne ainsi en faveur d’un juge qui respecterait les lois adoptées dans le passé, ce qui inclut le droit à l’avortement.

Le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a écrit sur Twitter qu'Amy Coney Barrett pourrait être une « juge militante » qui ne tiendrait pas compte de la jurisprudence et mettrait en péril le droit à l’interruption volontaire de grossesse et les programmes gouvernementaux de soins de santé.

Un glissement potentiel vers la droite

La semaine dernière, le sénateur républicain du Texas, le conservateur Ted Cruz, s’est rangé derrière le sénateur Mike Lee.

Il a pressé le président Trump de considérer la candidature de M. Lee dans une entrevue radiophonique en soulignant que le candidat « serait un juge en qui vous pouvez avoir confiance pour être toujours fidèle à la Constitution et à la Charte des droits ».

Mike Lee, un avocat conservateur qui bénéficie des faveurs du Tea Party, a affirmé la semaine dernière que si le président lui demandait de servir son pays à la Cour suprême, il « ne dirait pas non ».

M. Lee a été élu au Sénat en 2010. Auparavant, il a été greffier du juge Samuel Alito de la Cour suprême. Il a aussi travaillé comme procureur adjoint à Salt Lake City.

Une telle nomination, en remplacement du juge plus modéré Anthony Kennedy, permettrait ainsi à Donald Trump et au Parti républicain, d'opérer un glissement vers la droite au niveau du plus haut tribunal du pays.

Les juges conservateurs sont majoritaires à la Cour suprême des États-Unis depuis la nomination de Neil Gorsuch l'an dernier par Donald Trump.

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