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Non massif à un revenu minimum garanti en Suisse

Une grande majorité des électeurs suisses ont rejeté dimanche l'idée d'imposer un revenu minimum garanti, un concept d'aide sociale étudié par de nombreux pays.

Quelque 76,9 % des citoyens ont voté non, selon les résultats définitifs d'un référendum au taux de participation de 46 %.

Avec le « revenu de base inconditionnel », le gouvernement aurait versé un montant mensuel à tous les Suisses et à tous les étrangers vivant au pays depuis au moins 5 ans. Les adultes auraient reçu chaque mois 2500 francs suisses (3309 $) et les mineurs, 625 francs (827 $), dans un pays où le salaire médian est de 6000 francs (7941 $).

Le revenu de base inconditionnel avait suscité de vifs débats en Suisse, où, en 2012, les électeurs ont rejeté l'idée de faire passer leurs congés payés de 4 à 6 semaines. Le projet, d'initiative populaire, était uniquement soutenu par le parti des Verts. Les autres formations, dont le gouvernement, y voyaient un projet utopique et trop coûteux.

Les organisateurs de la consultation ont célébré ce qu'ils ont vu comme une « demi-victoire. » Seuls quelques communes et certains quartiers de Genève et de Zurich ont appuyé la proposition.

En Finlande et au Canada

La Suisse est le premier pays à tenir un référendum national sur l'idée d'avoir un revenu minimum garanti pour tous.

D'autres pays, comme la Finlande, étudient des projets de ce genre. Au Canada, un projet-pilote a eu lieu dans les années 1970 à Dauphin, au Manitoba. L'Ontario a promis dans son budget de février dernier d'en lancer un. Le Québec entend étudier la question.

Demandes d'asile et sélection d'embryons

D'autres sujets faisaient aussi l'objet d'une consultation populaire dimanche, dont l'idée d'accélérer les procédures d'asile et celle d'autoriser le « diagnostic préimplantatoire ». Il s'agit d'une technique de sélection et de congélation d'embryons réservée aux couples porteurs de maladies héréditaires graves ou incapables d'enfanter par voie naturelle.

Les électeurs ont appuyé à 66,8 % le projet de loi qui propose d'achever les procédures d'asile en 140 jours maximum, au lieu de 400 actuellement. Ils ont aussi dit oui à 62,4 % au diagnostic préimplantatoire, une loi qualifiée d'eugéniste par ses adversaires.

Grâce à leur système de démocratie directe, les Suisses se prononcent trois à quatre fois l'an sur diverses questions. Celles-ci sont proposées par le gouvernement, ou à travers des initiatives populaires qui ont cumulé un minimum de 100 000 signatures.

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