Que retenir des primaires du Wisconsin? Est-ce le début de la fin pour la campagne controversée milliardaire? Le moment où les républicains ont trouvé leur sauveur en la personne du sénateur Ted Cruz? Bien risquées, ces prédictions. Survol de quelques signaux intrigants.

Yanik Dumont Baron

  Une analyse de Yanik Dumont Baron

D'abord, le pourquoi de ce titre : Donald Trump ne semble pas perdre d'appuis. Non, ses déclarations sur l'avortement et sur une éventuelle frappe nucléaire en Europe ne semblent pas avoir fait hésiter ses partisans.

En pourcentage des voix exprimées, ses appuis au Wisconsin sont sensiblement les mêmes que dans l'Illinois et le Michigan voisins, où il a gagné. Chez les femmes, il a même fait mieux que d'habitude. Sa défaite s'explique autrement : ses appuis n'augmentent pas vraiment, même s'il y a moins d'adversaires dans la course.

C'est Ted Cruz qui a le plus profité du retrait de Marco Rubio. Donald Trump l'a souvent emporté parce que les voix contre lui étaient réparties entre plusieurs candidats. Il vient peut-être de perdre cet avantage.

Autre indice retrouvé dans les détails livrés par les électeurs à la sortie des bureaux de vote : une majorité (58 %) de ceux qui ont voté républicain sont « effrayés » ou « préoccupés » par une éventuelle présidence Trump. Au point où près du tiers de ces électeurs n'appuierait pas le milliardaire s'il emporte l'investiture.

C'est loin d'être un vote de confiance pour Donald Trump.

Mais sa candidature contre vents et marées se poursuit. Son passage vers une majorité, donc une investiture assurée, est bien plus étroit depuis le Wisconsin.

Les prochains États à voter sont dans l'est du pays; Trump y semble favori. Mais les sondages sont de mauvais indicateurs du véritable enjeu: le nombre de délégués emportés.

Les règles varient par État, mais retenez ceci : même une victoire nette à New York ne lui garantit pas une manne de délégués.

Le Wisconsin rend presque inévitable la tenue d'une convention négociée. Là où le gagnant sera choisi par les délégués, après quelques tours de scrutin. C'est là où l'une des faiblesses de la campagne de Trump pourrait s'avérer fatale. Son manque d'organisation soignée, granulaire sur le terrain.

C'est important pour cet autre aspect de la course qui se joue depuis quelques semaines, loin des projecteurs. On parle des « primaires fantômes ». Des petits congrès, des réunions, où les républicains d'un État choisissent qui seront délégués à cette fameuse convention. Des gens qui pourraient rapidement tourner le dos à Trump une fois réunis à la convention de Cleveland.

Dans ces primaires de l'ombre, Ted Cruz semble avoir l'avantage. C'est maintenant son jeu : empêcher Trump d'atteindre une majorité avant la convention. Lui ravir le titre sur le plancher.

Vous, vous croyez encore aux chances de Trump d'emporter l'investiture?

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