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Nouvel accord annoncé entre la Colombie et les FARC

« Je dois humblement reconnaître que ce nouvel accord est un meilleur accord », a estimé le président colombien Juan Manuel Santos à Bogota, qui avait pourtant affirmé que le précédent pacte, avant qu'il ne soit rejeté, était le « meilleur accord possible ».

Le nouveau document annoncé à Cuba pourrait mettre fin à 52 ans de conflit.

« Nous sommes parvenus à un nouvel accord de paix final pour la fin du conflit armé, qui contient des changements, des précisions et des contributions de divers secteurs de la société », ont annoncé les parties dans un communiqué commun lu à La Havane par des diplomates de Cuba et de Norvège, pays garants du processus de paix.

Structure et esprit du premier accord conservés

La première version de l'accord avait été rejetée à la surprise générale lors d'un référendum le 2 octobre.

Si 56 des 57 propositions d'origine ont été « modifiées », aucun changement fondamental ne semble cependant à noter, mis à part la participation politique des ex-guérilléros. Ils pourront être candidats aux élections, mais ne recevront pas automatiquement de sièges au Congrès.

L'accord initial prévoyait en outre que les rebelles déposent les armes et deviennent un parti politique, mais le camp du « non » en Colombie, mené par l'ex-président Alvaro Uribe, réclamait des sanctions plus sévères pour les ex-guérilleros.

Sur ce point, le chef négociateur de la partie gouvernementale, Humberto de la Calle, a laissé entendre que les auteurs de crimes graves repentis éviteraient toujours la prison.

Les FARC se sont par ailleurs engagées à remettre aux victimes les sommes reçues de l'« inventaire de [leurs] biens et actifs ».

Reçu par le président Santos, le chef de file du « non », Alvaro Uribe, a demandé à ce que le nouvel accord « n'ait pas de portée définitive » avant d'être soumis aux porte-voix de son camp et aux victimes.

La publication du texte complet de l'accord sera faite « dans les prochains jours ».

« On a pu le faire! On a pu le faire! »

Après l'annonce de ce second accord, des dizaines de personnes sont descendues sur la grande place Bolivar à Bogota en scandant « On a pu le faire! On a pu le faire! ».

Le secrétaire d'État américain John Kerry a pour sa part salué un « pas important » vers la paix, alors que la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a souhaité que ce texte, une « bonne nouvelle », puisse recevoir l'appui de la population colombienne. 

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement de Juan Manuel Santos tentaient depuis le 22 octobre dernier d'apporter des changements pour sauver l'accord signé le 26 septembre après quatre ans de négociations à Cuba.

Le conflit armé, le plus long de l'histoire de l'Amérique latine, a fait officiellement 260 000 morts, près de 7 millions de déplacés et quelque 45 000 disparus.

Le chef de la délégation des FARC aux pourparlers, Ivan Marquez, a affirmé que la guérilla avait fourni « un effort plus important pour répondre aux aspirations à la paix » et que « le seul chemin que doit prendre le nouvel accord est son application ».

Les parties n'ont pas précisé si une consultation serait à nouveau organisée pour valider ce nouvel accord.

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