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Nouvel affrontement entre pro et anti-Maduro dans les rues de Caracas

Un nouveau bras de fer entre les opposants et les partisans du régime autoritaire du président vénézuélien Nicolas Maduro est en cours mercredi dans les rues de la capitale, Caracas. Des manifestations rivales, réunissant des milliers de personnes, font craindre de nouveaux débordements.

Réunis en 26 lieux différents, les opposants, souvent vêtus de blanc, tentent d'entrer dans le centre de la capitale, où défilent des partisans du président, habillés en rouge, mais en vain jusqu'ici.

Comme lors d'autres manifestations récentes, des militaires et des policiers fidèles à Nicolas Maduro les empêchent d'entrer, en bloquant les principales voies d'accès.

L'opposition, rassemblée autour de la Table pour l’unité démocratique (MUD), a convié la population à une manifestation qu'elle souhaite sans précédent, pour réclamer des élections anticipées et le respect du Parlement, qu’elle contrôle depuis 2015.

Selon AFP, un homme de 19 ans a été blessé par balle à la tête à San Bernardino, dans le nord-ouest de la capitale.

Des témoins ont raconté à l'agence qu'il avait été atteint par des tirs d'un groupe de motards, qui ont aussi lancé des grenades sur une manifestation d'opposants.

Il s’agit de la sixième manifestation du genre organisée depuis que la Cour suprême du pays, réputée proche du président, a tenté, fin mars, de s’arroger les pouvoirs du Parlement, contrôlé par la MUD, et de priver les députés de leur immunité, avant de faire marche arrière.

L’affaire a galvanisé l’opposition, qui tente depuis de mettre sur la pression sur le régime du président Maduro, au pouvoir depuis la mort de l’ex-président Hugo Chavez, en 2013.

La situation économique difficile du pays et la déclaration d'inéligibilité prononcée à l'encontre du leader de la MUD, Henrique Capriles, contribuent aussi à mobiliser la population.

Les manifestations organisées depuis le début avril ont fait cinq morts et des dizaines de blessés, et quelque 200 personnes ont été arrêtées. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles contre les protestataires, qui ont répliqué avec des pierres et des cocktails Molotov.

En 2014, une autre série de protestations anti-Maduro s'était soldée par la mort de 43 personnes.

Maduro parle d'une tentative de coup d'État

Fidèle à ses habitudes, le président Maduro a dénoncé un « coup d’État » appuyé par les États-Unis et a d’ailleurs mobilisé les Forces armées nationales bolivariennes, les forces policières et une milice civile.

L’objectif de cette mobilisation, baptisée « plan Zamora », consiste à « défaire le coup d’État [et] l’escalade de la violence », a annoncé mardi M. Maduro, quelques heures après avoir reçu le soutien « inconditionnel » du chef des armées, le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.

Le président a également fait savoir mardi que l'un des instigateurs d'un « complot militaire » fomenté, selon lui, par l'opposition, avait été arrêté et incarcéré.

Le porte-parole du département d’État américain, Mark Toner, a adressé mardi une sévère mise en garde aux autorités vénézuéliennes, en les appelant à cesser de réprimer les manifestants.

« Ceux qui sont responsables de la répression criminelle d'activités démocratiques pacifiques, de la destruction des institutions et des pratiques démocratiques et de violations grossières des droits de la personne se verront individuellement demander des comptes pour leurs actions par le peuple vénézuélien et ses institutions et par la communauté internationale », a-t-il averti.

Lundi, 11 pays latino-américains ont demandé à Caracas de « garantir » le droit de protester pacifiquement, un appel qualifié par le gouvernement vénézuélien d'« ingérence grossière ».

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