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Nouvel échec des négociations sur la réunification de Chypre

Les négociations sur la réunification de Chypre ont échoué, a annoncé le secrétaire général de l'ONU, à l'issue d'une dernière séance de discussions houleuse qui s'est prolongée vendredi matin.

« Je suis extrêmement désolé de vous dire qu'en dépit du très fort engagement et de l'implication de toutes les délégations et différentes parties [...], la conférence de Chypre s'est close sans accord », a déclaré Antonio Guterres.

Entamées il y a neuf jours dans la station suisse de Crans-Montana sous l'égide des Nations unies, les négociations ont réuni les dirigeants chypriotes grecs et turcs ainsi que des responsables européens.

L'île de Méditerranée orientale est divisée depuis l'invasion de son tiers nord par l'armée turque en 1974, en réaction à un coup d'État visant à la rattacher à la Grèce.

Depuis, la République de Chypre, admise au sein de l'Union européenne en 2004, n'exerce son autorité que sur la partie grecque. La République turque de Chypre du Nord (RTCN) n'est reconnue que par Ankara.

Le secrétaire général de l'ONU s'était rendu en Suisse jeudi dans l'espoir que les discussions aboutissent et le vice-président américain Mike Pence avait appelé les dirigeants chypriotes grec et turc pour les inviter à « saisir une opportunité historique ».

« Rien ne sert d'insister »

Face à la persistance des divergences, Antonio Guterres a finalement mis fin aux discussions, extrêmement orageuses, à deux heures du matin, heure locale, a-t-on appris de source proche des négociations.

« Cela n'empêchera pas d'autres initiatives pour résoudre le problème de Chypre », a-t-il ajouté, refusant de préciser les raisons de l'échec des pourparlers.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, qui faisait face à son homologue grec Nikos Kotzias, a souligné l'échec de la médiation de l'ONU.

« Ce résultat montre l'impossibilité de parvenir à un règlement dans le cadre des paramètres de la mission de bons offices » de l'ONU, écrit-il sur Twitter. « Rien ne sert d'insister sur ces derniers. »

Selon Nicos Christodoulides, porte-parole du gouvernement chypriote grec, la Turquie a refusé de renoncer à ses droits d'intervention et à sa présence militaire sur l'île.

La délégation turque était prête à accepter le premier point, mais les espoirs se sont évanouis quand les négociateurs grecs ont réclamé un engagement écrit, a-t-on précisé de sources diplomatiques. Les Chypriotes grecs étaient quant à eux à deux doigts d'accepter l'instauration d'une présidence tournante, réclamée par les Turcs.

« Nous étions vraiment, vraiment tout proches », a déploré un diplomate interrogé par Reuters.

La Grande-Bretagne, garante de l'indépendance de Chypre en vertu d'un traité conclu en 1960, a exprimé son « énorme déception ».

« Le moment est venu de réfléchir calmement et d'envisager la suite. Notre détermination à aboutir reste intacte », a assuré un porte-parole du gouvernement.

Plusieurs années ont été nécessaires pour relancer le dialogue après l'échec du plan de réunification de l'ONU, que les Chypriotes grecs ont rejeté par référendum en 2004.

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